J'ai revu ce roman BL, toujours en attente de réponses des maisons d'éditions.
Voici donc ce que ça donne (avec surprise d'extras).
Attention interdit au moins de 16 ans et aux personnes atteintes d'homophobie.
Code de Noël
Loi numéro I : partager
Article
premier
Il faut partager de son temps avec
l’homme vous payant comptant.
- Attention, le petit oiseau va
sortir...
Le flash illumine le stand du
Père Noël. Stéphane vérifie immédiatement la prise sur son appareil. La mère de
l’enfant, appuyant avec insistance sa volumineuse poitrine contre son bras,
regarde de même, de son air austère, la fenêtre où s’affiche la photo de son
mouvementé chérubin. C’est la quatrième fois qu’elle la lui fait refaire. Son
petit démon ne tient pas en place et, comme la figure maternelle, ne sait
aucunement sourire. L’homme grimace. Sur cette image, au moins, le garçon ne
tire pas méchamment sur la barbe du héros du jour, la narine légèrement épatée
de ce dernier n’est pas exploré par un doigt juvénile, et le jeune diable ne
saute pas du genou de l’homme, à la dernière seconde, disparaissant ainsi de
moitié de l’objectif. Non. Là, il a préféré arborer une pose hautaine.
- Magnifique ! Vous m’en
tirez dix.
Stéphane n’en revient pas. Mais
c’est la loi de son business, chaque acheteur a des goûts distincts. Le photographe
se détache sur-le-champ du contact abusif de la dame, effectue le tirage et encaisse
le dernier dû tout en esquivant de justesse le discret écrit du numéro de
téléphone de la cliente. Enfin, lorsque cette dernière abandonne son projet
pour poursuivre son fuyard de rejeton, il appuie, illico, sur l’interrupteur
des lumières du stand.
- Journée close.
Puis, il commence à compter la
caisse. Ses muscles sont aussi durs que de la pierre tant il est resté debout la
journée durant. Dès qu’il rentre, il supportera une douche écossaise pour
annihiler cette soudaine fatigue. Après tout ses projets du soir sont trop
importants pour qu’il y soit inscrit comme abonné absent.
- Mon ami, on a tout de même
survécu. Toi, aux avances de ses insidieuses mères, et moi... J’ai bien cru
qu’il allait me tuer celui-là.
Le Père Noël s’assoit lourdement
sur la chaise tout en retirant la fausse barbe écarlate.
- Les mômes d’aujourd’hui !
Tous des monstres !
- C’est pas vraiment leur faute.
Leurs parents leur donnent tous les droits.
- Eh bien il devrait y avoir une
loi interdisant aux parents d’être aussi laxistes, à cette période de l’année.
L’homme au ventre proéminent prend
le temps de se désaltérer à la bouteille d’eau récupérée dans la glacière,
avant de continuer son plaidoyer.
- Moi, à mon époque, on était de
vrais anges quand arrivait décembre, parce qu’on nous affirmait que si on
n’était pas sages, le Papa Noël ne nous apporterait pas nos cadeaux.
Le photographe sourit à la réflexion
du quinquagénaire ayant dû suer, ces derniers jours, dans le chaud habit du redresseur
de tort en question et supporter les caprices de certaines têtes blondes
installées sur sa cuisse.
- Tiens. Voilà ton salaire et
ton pourcentage. On a fait un bon chiffre aujourd’hui.
- Et me voilà en vacances
jusqu’à l’année prochaine ! Hourra !
Les deux hommes se mettent à
rire de bon cœur, déchargeant ainsi le stress emmagasiné depuis le début de la
semaine. Puis, ils trinquent de leurs litres respectifs.
- Joyeux Noël, Père Noël.
- Joyeux Noël à toi aussi, mon
ami.
Après une bonne lampée, les yeux
gris bleuté lorgnent le matériel à ranger.
- Bien. Je vais m’y mettre. J’ai
un repas de veillée.
- Ah oui ?!
- Ne sois pas si étonné. Notre
pension a une ambiance assez bon enfant et un gérant plutôt bon cuisinier.
- Y en a qui ont de la chance.
- Quoi ? Tu es seul, ce
soir ?
- Non. Des connaissances m’ont invité
à une fête réservée à des célibataires. Des célibataires de notre genre, si tu
vois ce que je veux dire.
Le sourire en coin, sur le
visage aussi arrondi que le ventre, laisse entrevoir avec clarté les intentions
dépravées de cet événement. Stéphane en sourit succinctement avant d’effectuer
la morale s’imposant.
- N’oublie pas les préservatifs,
à chaque fois, hein ? Et n’abuse pas de ta libido en folie
constante, afin de laisser profiter les autres des trous de balle s’offrant,
cette nuit. Compris Père Noël ?
Profitant qu’ils soient à moitié
cachés, l’une des grosses mains de celui-ci vient enrober l’entrejambe de son
jeune patron.
- Si tu veux que je t’aide à libérer
la tension qui tend ton pantalon par là, j’ai encore quelques heures devant moi
avant d’y aller et déjà cinq boîtes de protections dans ma hotte, mon ami.
Le photographe se penche au plus
près du faciès aux cheveux blancs.
- Impossible. Un, parce que je
ne déchargerai mes aumônières qu’avec celui qui hante mes rêves en ce moment. Et,
deux, parce que je suis comme toi, rien qu’un actif à cent pour cent.
Un baiser chaste et bref conclut
la discussion de ce sujet-là. La paume délictueuse s’éloigne de sa saisie.
- Mais puisque tu as du temps
libre, je veux bien que tu le partages avec moi, en me donnant un coup de main
pour ranger mes affaires.
Sur ce, la belle silhouette de
plus d’un mètre quatre-vingt s’éloigne de son assistant intérimaire en rut afin
de commencer à remballer son outillage. Ce soir, il ne veut pas être en retard.
C’est sa première veillée festive en compagnie de Julian. Et l’homme compte
bien savourer chaque minute partagée avec le top-modèle.
- Pourquoi pas. Puis, c’est pour
la bonne cause. Et, en tant que Père Noël, je me dois d’offrir un cadeau à ce
grand et généreux garçon que tu es. De plus, il serait dommage que tu arrives
en retard à ton rendez-vous galant, mon ami.
Celui-ci lève ses superbes iris
sur son aîné se mettant à le seconder en sifflotant. Il sourit en pensant à ce
futur bonheur qui l’attend. Mais une ombre passe soudain sur ses songes. Il en
souffle de désespoir.
- Eh bien, l’ami ? Te voilà
bien triste d’un coup.
- C’est que ce rendez-vous ne
sera pas vraiment, comme tu l’appelles, galant.
Les sourcils du second se
froncent.
- Veux-tu dire que ton Julian ne
sera pas à la tablée ?
- Oh si, il sera là.
Le sensuel visage s’est illuminé
à cette confirmation, avant de s’assombrir, à nouveau.
- Seulement, lui, il y sera
aussi.
- Lui ?
- Une beauté qui n’a rien à
m’envier. L’élégant susnommé Gaël.
L’homme se met à grommeler entre
ses mâchoires serrées en reprenant le rangement.
Le Père Noël n’en croit pas ses
yeux. Il a toujours connu un Stéphane patient et imperturbable. Le faciès rond
se retient, tant bien que mal, à rire. Son jeune ami n’a pas l’air de se rendre
compte. Par respect, l’employé se décide à ne rien dire. Seulement il espère,
qu’un jour, son patron se révèlera ce que son propre for intérieur espère
réellement.
- Ah, jeunesse !
Article
second
On doit partager sa beauté au risque que
le monde le fasse regretter.
- Tu es tout seul, ce soir. Et
je sais que tu es célibataire. Maintenant que je te connais, je sais aussi que
tu es loin du monstre que tu parais être. Aussi, tu auras la faveur de venir
réveillonner avec moi. Tu n’auras pas à cacher tes yeux, j’aime les sensations
fortes. Tu vas m’offrir une veillée inoubliable.
Les longs cils foncés voilent
une seconde le regard taciturne fixant l’inconnue ayant lâché de telles
affirmations. Chaque semaine déjà, en temps normal, Gaël a droit à une invite de
ce genre des femmes recherchant le grand frisson. Mais quand arrivent les
périodes festives, les sollicitations se multiplient et en deviennent
lassantes. L’entreprise, comme chaque année, a fait un pot de Noël avant la
fermeture du grand bâtiment jusqu’à l’année suivante. L’archiviste, employé ici
à tiers-temps, a fait l’effort de venir y boire un verre. Et voilà que ce
décolleté aguichant espère... non... lui ordonne d’être son bouchon de
champagne pour cette nuit. La journée a été longue, et la patience de l’homme a
atteint sa limite. Aussi, tel le diable, il joue de sa particularité afin de se
délecter de la frayeur s’affichant, aussitôt, sur le faciès peinturluré à
l’extrême. Il renforce même cet effet en arborant une voix provenant droit des
Enfers.
- Le problème étant que ton
anatomie de femelle arbore deux embouchures, et que je n’ai qu’un seul liège à
offrir. De plus ton goulot central n’est pas celui que j’apprécie habituellement
obstruer. Il te manque de surcroît, à l’entrejambe, ce magnifique pendule mâle
que mes lèvres aiment savourer. Bonne fin d’année, tout de même.
Gaël tourne le dos à la secrétaire
restée tétanisée. Il pose son verre à moitié vide sur la table. Enfin, estimant
avoir déjà assez donné de sa personne, il sort des locaux. Le froid de l’hiver
lui gifle aussitôt le visage. Il boutonne jusqu’au cou sa parka, en relève le
col, puis se décide à commencer sa longue marche à travers les avenues aux
trottoirs noirs de monde. La ville est bruyante et gaie de par l’arrivée des
fêtes. Les vitrines rayonnent de décorations enneigées. Dehors, les flocons,
eux, ne sont pas au rendez-vous. La température est trop fraîche. Le bureaucrate
presse son pas. S’il continue à flâner ainsi, il va arriver en retard. Et il ne
tient pas à faire attendre l’élu de son...
- Oups ! Excusez-moi.
Aux yeux vairons se posant sans
sourciller sur elle, la jeune fille s’en apeure, avant de s’en éblouir. Sa
main, tendue vers le beau Satan bousculé, est restée en suspens. Aux murmures
de ses camarades l’attendant un peu plus loin, elle ose un...
- Bon Noël !
- ... Bon Noël.
À son salut courtois, la
lycéenne va rejoindre le groupe d’adolescentes. Gaël reprend sa route, pendant
que, dans son dos, des exclamations de fans explosent.
- Ah ! Le pot !
- Il est trop... Aaaah !
- Je veux le même, en maillot de
bain, sous le sapin.
Des éclats de rire cristallins
font sourire l’idole du moment.
- Et sa voix ! Sa voix !
- C’est un ange démoniaque.
Là c’en devient carrément
embarrassant. Surtout que les passants, interloqués par le remue-ménage, le fixent
en le croisant et se retournent, ensuite, pour évaluer l’arrière du devant de cette
silhouette tant briguée. Heureusement l’angle de la rue est proche. L’homme s’y
échappe.
Article trois
On doit partager le toit d’autrui en
appréciant les êtres du logis.
- Bienvenue ! Tu en as mis
du temps.
Marc grogne. Il sait déjà qu’il
est l’un des derniers arrivés. Il se débarrasse, d’un geste las, de son vieux
blouson en cuir noir et le suspend au pommeau de l’escalier. Il prend un instant
pour inspirer une grande bouffée d’oxygène, en poussant ses épaules vers
l’arrière. Certains os de son squelette d’un mètre quatre-vingt-douze en craquent.
Sa grande paume masse son épaule aux muscles en reliefs aussi durs que du
béton.
- Crevé.
Les ouvriers sans enfant ont dû
faire des heures supplémentaires au chantier afin de remplacer les pères en
congé. Éreinté, l’homme n’est pas vraiment d’humeur à la fête. Cependant Romain,
le concierge des lieux, l’entraîne dans la grande salle commune où attendent
les autres locataires de cette pension bon marché. Là, il est abandonné par son
conscrit au moment où on lui présente un verre de vin chaud. D’une voix fatiguée,
il remercie la main amicale.
- Sympa.
- De rien.
Le timbre moyen, lui répondant,
le surprend. Mais le manœuvre n’a pas le temps de relever les yeux de sa boisson
que Gabriel s’éloigne déjà. Il s’en renfrogne intérieurement. Comment a-t-il pu
louper une telle occasion de pouvoir retenir ce bel oiseau de cinq ans son cadet ?
- Chian li ! Imbécile !
Marc s’est injurié en serrant
les mâchoires.
- Tu t’es raté.
Le travailleur lorgne d’un air grincheux
le confirmant top-modèle de magasine à ses côtés. Julian lui sourit. Un sourire
d’encouragements ou narquois ? Bah ! Après tout, il s’en fiche.
- Mm. Je me rattraperai la
prochaine fois.
- D’après ce que j’ai compris,
tu seras assis près de lui à table. Alors, bonne chance !
Sur ce, le mannequin se dirige
vers Stéphane et Gaël. Sous ce toit, tous connaissent le sentiment amoureux de
ces deux-là pour ce Franco-espagnol. Chaque jour, ils sont en compétition afin
de parvenir à leurs fins auprès de cette beauté. Toutefois, contre toute
attente, il n’y a jamais eu ni perdant, ni gagnant.
- Tu veux boire du vin, Julian ?
- Tu préfères sûrement un gâteau
apéritif ?
Gaël regarde d’un air mauvais
son rival le toisant de même. Les hommes sont pratiquement de taille identique.
Leur allure machiste les rend particulièrement attirant. Ils portent leur
virilité mâle à merveille.
Le sujet de la brouille se positionne
entre les pugilistes. Dès que le métis a emménagé au premier étage de la bâtisse,
six mois plus tôt, ses voisins de palier sont devenus des ennemis
farouches.
- Je vais prendre les deux. Merci.
Ne peuvent-ils pas fumer le
calumet de la paix, au moins ce soir ? Après tout on est la veille de
Noël. Mais il est à peine vingt heures, et déjà la lutte est de mise. Le repas
qui va suivre, risque de tourner au vinaigre si Julian ne fait rien.
- Dites ? Vous voulez me
faire plaisir ?
- Bien sûr !
- Tout ce que tu voudras.
Les visages se sont illuminés à
la demande.
- Laissez vos armes dans leurs
étuis, et partageons, ensemble et dans l’entente, une bonne soirée.
Là, les faciès grimacent.
- Pour moi, hum ?
Les duellistes ne peuvent
résister à ces yeux sombres quémandant tel un enfant, à cette voix mielleuse à
souhait même s’ils la savent poussée à son paroxysme afin de les attendrir. Ils
acquiescent donc.
Le peu d’enthousiasme que ses
compères ont mis à accepter sa requête, est un peu vexant. Julian se félicite,
malgré tout, pour la trêve obtenue. Et, pour bénir cet armistice, il leur offre
une bise sur la joue. À chacun.
Ivan sourit à la surprise des
deux adversaires. Dès qu’il aura le temps, sûr qu’il dessinera la scène dont il
vient d’être témoin. Étudiant en art, il aime croquer ces instants flashs.
Toutefois il détourne vite son attention sur son sujet préféré. Étienne se sert
dans les cacahuètes. L’homme doit être aussi léger que Gabriel retirant un plat
vide près de celui-ci. Tiens ? Son colocataire le dépasse de quelques
centimètres. Le dessinateur évalue que le corps doit alors à peine mesurer un mètre
soixante-dix. Les silhouettes frêles sont presque identiques. Presque. Les
épaules d’Étienne sont plus étroites, mais celles de son camarade de chambre
descendent tandis que les humérus de son idéal sont pratiquement perpendiculaires
à l’extrémité des clavicules. Le port droit de cette anatomie marque la courbe
efféminée de sa taille et la fine ligne de ses hanches.
Le reluqué a une faim de loup.
Hier, il a bossé au journal quatre heures d’affilée, sans pause. Toujours pas
habitué à ce train de vie du peuple, il en a été si fatigué qu’il s’est endormi
à son retour, sans manger, et ne s’est réveillé que depuis une heure. Son
ventre demande donc à être rassasié.
Plus il détaille ce corps svelte
avec des manières raffinées, plus son envie de lui s’élève au summum. « Je t’aime, Étienne. » Ivan soupire.
Jamais il n’arrivera à le lui dire de vive voix.
- Tu rêves ?
L’universitaire sursaute. Il ne
s’est aperçu de la présence de son ami, à sa droite, qui en rit aux éclats. À
cette réaction, le jeune homme affiche une moue boudeuse.
- Arrête de te moquer, Gabriel,
ou je te le ferai regretter cette nuit.
- Ouh ! Que de bonheur en
perspective.
Les pupilles se sont mises à
briller à l’alléchante menace. Un claquement de paumes fait revenir le désireux
de ses pensées perverses.
- Bon. Nous allons passer à
table.
Romain se rembrunit
intérieurement d’avoir dû annoncer cela. Seulement sa dinde va être sèche à
force d’attendre l’arrivée de tout le monde. Cependant, le cuisinier aurait
apprécié que la seule personne, restant encore invisible, soit là ce soir.
- On n’attend pas Patrice ?
Au prénom de l’abonné absent, le
moral du concierge s’attriste davantage. Il fait pourtant bonne figure.
- Il a dû avoir un empêchement
de dernière minute.
- Je n’ai jamais compris comment
un gars de deux mètres de haut, pouvait être aussi manipulable.
- Ouais. Son physique est assez
impressionnant, pourtant.
- Mais il ne fait plus peur dès
qu’on le connaît.
- Si il avait un caractère moins
tendron.
- C’est vrai qu’il a tendance à
acquiescer à toute demande.
- Dis, Marc ? Tu ne
pourrais pas lui apprendre à être plus ours, comme toi ?
Le plantigrade désigné grogne à
la suggestion et se renfrogne de la comparaison.
- Comme si j’étais mal léché.
C’est alors qu’un bras fin
entoure son biceps proéminent.
- J’ai toujours admiré la
virilité des grizzlis, moi.
L’ouvrier se sent fondre à ces
mots, cette voix, ce contact. Et, tel un ourson, il se laisse guider docilement
jusqu’à sa chaise par son magnifique Gabriel.
Article quatre
Il est admis de partager pour éviter que
d’autres ne soient blessés.
- Est-il possible de te
parler ?
Julian est ce qu’on appelle un
harcelé. Depuis qu’il a emménagé en ces lieux, deux hommes, deux séducteurs
invétérés, se font la guerre afin de gagner ses faveurs. Des mois durant, il a
dû supporter leurs flirts simultanés finissant toujours par un accrochage. Ce
soir, au repas de cette veille de Noël, n’en pouvant plus, il s’est dressé
entre les acolytes se faisant encore front pour connaître qui aurait le
privilège de lui offrir son cadeau en premier. Ce stupide geste lui a valu un
coup fulgurant dans le bide et une superbe droite sur la joue. Et voilà que
l’un de ses agresseurs vient frapper à sa porte, la bouche en cœur. Ne voulant
aucunement ouvrir, l’Hispanique répond derrière le bois.
- Si c’est pour savoir comment
je me sens, sache que j’ai l’impression d’être passé sous un rouleau compresseur.
Et que j’ai mal rien qu’en te répondant, tant ma mâchoire est endolorie.
Le silence perdure un moment
avant qu’il n’entende, à nouveau, la voix légèrement hésitante.
- Est-ce que... Est-ce que je
peux faire quelque chose ?
- Va voir ton partenaire de ring,
et trouvez un compromis pour vous entendre, ou ne m’adressez plus jamais la
parole ni l’un ni l’autre.
Stéphane écoute Julian bougonner
dans la langue de son paternel tout en s’éloignant de l’entrée.
- Il nous en veut, hein ?
L’homme se tourne vers son
voisin de palier.
- Peux pas te dire. Je ne connais
pas l’espagnol.
- Ouais.
Gaël souffle tout en s’adossant,
bras croisés, au mur.
- On est vraiment accro à ce
mec.
Le photographe vient s’installer
au côté de son compère et souffle de même.
- Oui.
Soudain, son homologue lève les
bras au ciel.
- Aah ! Mais c’est sa faute
aussi ! S’il était moins beau et moins gentil.
- La plupart des métis sont
mignons. Mais, en plus, celui-ci a du charisme. Et il doit avoir une poussée
suspecte de phéromones pour nous envoûter ainsi.
- Ouais. C’est certain. Et puis
on n’est pas si méchants que ça, non plus.
- Exactement ! On est juste
amoureux...
- Du même homme.
Les voix se calment. Les pauvres
cœurs brisés fixent le sol, perdus dans leurs pensées. Le silence les entoure.
Gaël desserre le nœud de cravate
et quelques boutons du haut de sa chemise.
- Il a raison. On ne peut pas
continuer comme ça.
- Mm.
Stéphane se laisse glisser le
long de la paroi et s’assoit sur ses talons.
- Qu’est-ce qu’on va
faire ?... Il a parlé de compromis, mais je ne vois pas où il veut en
venir.
Le bureaucrate s’accroupit à son
tour. Il faut réfléchir, et, après une journée de travail enfermé dans une petite
pièce sans fenêtre, il a du mal à se concentrer.
Les larges épaules des deux hommes
tirant le tissu de leurs vêtements laissent deviner des corps modelés. Leurs
vingt-cinq ans leur vont à merveille.
- Un tour chacun,
peut-être ?
- Qu’est-ce que tu
racontes ?
- On joue à la courte-paille
celui qui passera cette première nuit avec lui.
- Arrête. Dis pas n’importe
quoi.
- Je suis fatigué de toutes ces stupides
bagarres.
- En plus, ce soir, c’est Julian
qui en a fait les frais... Ça craint... À moins que...
- ... Si tu as une autre idée,
je t’en prie, explique.
Les voix deviennent murmures.
L’oreille collée à la porte, le Franco-espagnol ne comprend plus ce qui se dit
dans le couloir. Il soupire. Après tout peut-être est-ce vraiment de sa faute
si ces hommes se déchirent. Il n’a pu choisir entre les deux prétendants. Ils
lui plaisent autant l’un que l’autre. Au début les escarmouches n’étaient pas
méchantes, cependant, au fil du temps, elles ont été plus virulentes. Ses soupirants
en sont même arrivés aux poings ce soir, et...
- Non mais, pourquoi je me suis
mis entre, moi ?
La colère remonte de ses
entrailles. Dans une semaine, au dernier jour de l’année, il doit rencontrer un
responsable de marketing cherchant un métis entre vingt-cinq et trente ans. Ce
travail est sous contrat. Et un contrat représente un salaire fixe plus les
à-côtés. Ses parents lui ont donné un physique de rêve tout élancé. Bien qu’il
lui manque un petit centimètre pour arriver aux cent quatre-vingt appréciés
dans le mannequinat, la finesse des traits de son visage et son teint caramel
lui ont ouvert quelques portes. Des portes qui se sont refermées un an plus tôt
lorsque, dépressif, il n’a pu travailler au rythme soutenu exigé. Le trente et
un de ce mois, il a une autre ouverture, une nouvelle chance. Seulement celle-ci
a peut-être été gâchée par son geste absurde. Julian se remet face au miroir.
Son visage ressemble à celui d’un boxeur.
- Merde !
Romain, le responsable de la pension,
lui a pourtant tout de suite mis de l’arnica et appliqué un chiffon rempli de
glaçons sur sa mandibule. Cependant...
- Regarde-moi ! Et tout ça
pour que ceux-là ne se retrouvent à l’hôpital.
En plus, leur querelle est
tellement idiote. Il y a pourtant une simple solution afin que chacun y trouve
son compte. Toutefois, faudrait-il que ses admirateurs y pensent eux aussi.
Après tout, il n’est pas certain qu’ils veuillent... L’homme soupire de plus
belle.
Article cinq
On doit savoir partager son émoi avec tous
ceux qui le pourvoient.
- Hhh ! Huum !
Gabriel se mord la main pour ne
pas crier plus fort. Les murs du bâtiment sont plutôt fins et leurs voisins
sacrément intéressés par ce qui peut se passer dans leur chambrée. Son ami, lui,
n’en a cure de savoir qu’on puisse se servir de leur passion pour se satisfaire.
Aussi Ivan accélère les mouvements de langue tout en resserrant les lèvres
autours de sa tige durcie.
- Hm ! Hhh ! Hm !
Oui, ils sont gays. Oui, ils ont
aménagé ici depuis plus d’un mois afin de vivre leur penchant en toute liberté.
Et oui, ils font depuis l’amour presque chaque jour. Leur entourage, dorénavant ?
D’autres hommes aux mêmes tendances sexuelles. Des affirmés, des séducteurs, des
tendrons, aux faibles revenus, logent dans cette pension à trois cents euro, repas
compris, par mois.
Gabriel et son compagnon ont
vingt et un ans. Ils se sont connus sur les bancs du lycée, avant de s’inscrire
à la même université, l’un suivant des cours d’histoire de l’art et l’autre des
beaux arts. Et ce tout en assurant un travail à mi-temps, depuis que leurs
parents ont renié jusqu’à leurs existences lorsqu’ils ont mis à jour leur
liaison.
- Arr... houm !
Arrête !
La bouche lâche instantanément
le fin membre aux veines enflées.
- Tu es déjà prêt à me
recevoir ? Ou as-tu peur d’une éjaculation précoce ?
La respiration chaotique du
délicat sternum et le regard langoureux de son comparse en disent long sur sa
condition. Ivan les positionne donc pour la première entrée chaleureuse de
cette soirée. Après tout c’est la veille de Noël, et il tient à faire vivre une
nuit inoubliable à son passif dévergondé, tout en faisant partager l’émoi au voisinage.
Il se penche pour soulever les hanches à bon escient. Soudain, l’homme arrête
son geste tandis que les reins sont suspendus à quelques centimètres du sommier.
- Dis donc ? Tu pèses
combien ?
- Quoi ?
Qu’est cette question ?
Pourquoi, tout à coup, son ami se renseigne sur son poids ? Mais,
machinalement, Gabriel répond.
- Soixante kilos. Environ.
L’artiste sourit. Étienne ne doit
guère faire plus. Aussi si un jour ils ont ce genre de rapports, l’homme prendra
soin de caler délicatement le frêle squelette entre ses muscles. Ivan a déjà
cette crainte que son actuel amant ne se casse à ses finales avancées
vigoureuses. Alors celui qu’il aime en secret... Les doigts de son passif du
moment viennent vigoureusement enserrer ses biceps finissant l’ajustement.
- Ne... Ne me fais pas crier
comme hier. D’accord ?
À ces mots, les yeux océan s’éclaircissent
d’une étincelle malsaine. L’homme connaît les attentes de son gringalet.
- Très bien. De toute façon, il
préfèrera t’entendre hurler.
La soudaine obstruction de son
intimité lui coupe le souffle. Époustouflant est le mot qui convient le mieux à
ce qu’a ressenti Gabriel, bien qu’aucun son n’en ait exprimé le bonheur.
Les fins muscles du corps se sont
crispés, la nuque cabrée vers l’arrière. Ivan décide courtoisement de laisser à
son colocataire le temps de récupérer son air. Il est, malgré tout, un peu
contrarié que ce dernier n’ait daigné crier de tout son soûl alors que lui a
fait un effort pour tenter de satisfaire ses vicieux désirs. L’un de leurs
voisins a dû être pareillement déçu. Puisqu’il en est ainsi autant revenir aux
bonnes vieilles habitudes. Le dessinateur reste enfoui au plus profond de son
inexpressif et commence à bouger tendrement ses hanches en tournant de droite à
gauche.
Le mouvement, entre ses parois
internes, est en contraste complète avec l’entrée sauvage les ayant cisaillées
quelques secondes auparavant. Le contact léger, par intermittence, que Gabriel perçoit
en lui, finit d’électriser tout son être.
- Hmm ! Han !
De l’autre côté des murs, deux
célibataires à l’oreille aiguisée commencent à éprouver les conséquences de
leurs indiscrétions. Depuis que les étudiants se sont installés dans la chambre
centrale, du second étage, les soirées des curieux en sont devenues
éprouvantes. Le bruit crissant du sommier, du lit cognant le mur au rythme des
mouvements plus ou moins rapides se répétant encore et encore, avec, ajoutés à
cela, les gémissements des deux acteurs, ces chers voisins ont, systématiquement,
droit, chaque soir, à un stimulant porno gratuit avant d’aller dormir.
- Ivan. J’en peux plus !
- Ok.
- Naah !
Article six
Le fait de partager peut être apprécié, mais
pas celui de se fourvoyer.
- Allez, mon ange !
Marc, conducteur occasionnel de
véhicules de chantier, ne peut s’empêcher de se coller à la cloison adjacente,
le séparant de l’autre pièce, dès qu’il entend la voix suave de Gabriel appelant
son amant. C’est toujours ainsi que débute une heure des plus chaudes.
Seulement, aujourd’hui, cela va sûrement durer plus longtemps, puisque les universitaires
sont en vacances scolaires.
- Crie ! Donne-toi à
fond !
L’homme a une certaine attirance
pour ce passif exubérant. Le svelte corps l’attise à chaque fois qu’il
l’imagine nu en train de se faire prendre, sans retenue, dans différentes positions.
Marc, se branlant alors, fantasme sur ces yeux, bruns et arrondis, se voilant par
intermittence aux battements incessants du membre écartelant la cavité entre
ces petites fesses. La fine bouche doit s’ouvrir ostensiblement pour clamer son
extase. Les hanches étroites sont sûrement en train de bouger afin d’encourager
les allers-venus plus approfondis et rapides de son partenaire.
- Hhh ! Hhhhhrg !
Le sperme éclabousse son torse
velu tandis que la voix de son aimé hurle sa libération. Marc prend le temps de
se remettre de cette première sensation avant de se rendre au coin bains de la
pièce. Il n’aime pas se sentir poisseux. De plus, la toison sombre, recouvrant
une bonne partie de son poitrail jusqu’à son bas-ventre, est si frisée que la
substance asséchée a du mal à s’estomper. Ne tenant aucunement à atténuer davantage
les sons allant se réitérer à côté, il laisse la porte de la douche ouverte.
Sa main tourne le mélangeur pour que l’eau, s’écoulant sur son corps, soit
plus chaude que tiède. Enfin il se lave. Il finit juste de rincer le savon que les
exclamations reprennent de plus belle. Quoiqu’il n’apprécie guère celui faisant
rugir ce mignon minois, Marc lui reconnaît cette qualité d’être un actif à la
récupération record. Là-dessus l’ouvrier le met à égalité avec lui. Cependant
Gabriel aurait déjà reçu, de sa part, un entraînement poussé pour ce qui est de
l’endurance. Et si le frêle corps n’avait pu, par cela, apprendre la persévérance,
le manœuvre ne se serait pas arrêté à tenter d’entrer en extase à l’unisson
avec ce passif. Lui, il l’aurait juste laminé à son insu jusqu’à goûter son propre
plaisir. À cette pensée, le bear est prêt à se saisir de son membre tout aussi
dressé que celui de l’entreprenant derrière le mur, quand il suspend son geste.
Son regard clair s’affermit. Il vient de réaliser que, depuis un mois, il
rythme ses envies au gré de ceux de son amant par intérim.
- Chian li !
L’homme en grogne tel un ours.
- Hors de question que je libère
mes burnes à ton bon vouloir, Gab !
Empoignant méchamment son
monstrueux diamètre, il prend sa décision.
- Fini les gentillesses !
Je vais t’apprendre ce qu’est un dominant dans toute sa puissance.
Une éjaculation plus tard, le
timbre des gémissements change. Le manœuvre perçoit l’approche ponctuant les
différents ébats. Ses doigts s’activent sur sa tige rougie par la température
élevée du jet. Il se cale contre la vitre embuée et excite plus vivement,
encore, son membre.
- Hh ! Seulement pour
toi ! Hh ! La dernière... Ensemble ! Hh ! Gab !
Quand celui-ci hurle pour la
cinquième fois son extase, sa propre troisième poussée libératrice asperge la
robinetterie.
- Hhhhrg !
Article sept
Le partage n’est autorisé que parce qu’on
en a juste la
pensée.
- Mhf !
À l’opposé du couloir, Étienne,
reporter dans un petit journal de banlieue, souffle son émoi. Ivan va être
plutôt virulent ce soir. La couche des deux amants étant poussée contre le mur
mitoyen où est installé son pupitre, le jeune homme, d’à peine vingt ans, peut
suivre chaque étape effarouchant ces anatomies respectives. Lorsqu’il a entendu,
plus tôt, la voix moyenne de Gabriel confirmer qu’il était prêt à commencer, aussitôt
les ressorts du sommier ont grincé à la chute du corps offert.
Eh oui ! Ce pauvre Ivan doit
attendre le bon vouloir de son partenaire. Étienne en grimace à tous les coups.
Sa jalousie envers ce passif autoritaire atteint un niveau hors du commun, même
s’il est persuadé que, dans un avenir proche, ce couple ne subsistera. Après
tout, au moment des repas ou dans le coin salon, jamais les universitaires ne
montrent un quelconque intérêt amoureux l’un envers l’autre, comme tout couple
normalement constitué. Tout se passe dans le privé. Cependant il est vrai qu’il
y a un bon accord entre ces êtres pour ce qui est du sexe. Toutefois, si un
jour il a la chance de devenir le copain de cœur d’Ivan, lui se laissera
toucher à chaque envie de ce dernier, autant dans leur nid douillé qu’aux yeux
de tous. C’est qu’il aime cet homme. Sportif invétéré, l’étudiant a des galbes
parfaits pouvant émoustiller n’importe quelle anatomie humaine. Et ce regard
bleu intense ne cache rien de sa faim avide de foutre à chaque heure.
Le léger craquement de la couche
fait revenir le fabuliste de ses songes. Étienne, alors, discerne les baisers
goulus donnés par cet actif, amateur de bonne chair, sur chaque relief et creux
de la peau de son ami. Un apéritif. De la bouche, à la base du cou, aux
mamelons... Écoutant les bruits significatifs de cette langue gourmande, le
reporter s’en charme. Complètement nu, il s’assoit à son bureau et se met à
titiller ses tétons d’un frôlement fugace, de droite à gauche, de l’embout rond
d’un stylo. Il n’a trouvé à portée de mains que cet objet pour les stimuler, et
ses monts d’un beige clair s’en sont vite contractés de plaisir.
- Plus ! Hh !
Donne-m’en plus !
Il a murmuré mais, exauçant son
souhait, la langue descend plus bas, y goûtant plus voracement l’entrecuisse, sûrement
minime. L’artifice d’Étienne est au moins de taille moyenne, lui. Ivan s’en
rassasierait davantage. Son bas-ventre, à cette pensée, en appelle à sa
clémence. Enfilant diligemment le gant de laine rêche approprié pour la circonstance,
le reporter répond à la demande. Ses mâchoires se crispent pour ne faire sortir
que d’infimes gémissements dus à la douleur de la brûlure de la fibre râpeuse
sur son pénis dénudé et du bien-être l’accompagnant. Lorsque la voix grave
s’inquiète de savoir s’il est déjà prêt à le recevoir ou s’il a peur d’une
éjaculation précoce...
- Les deux. Alors viens !
Viens !
C’est ce qu’il susurre. Le cadet
de la pension monte aussitôt ses pieds contre le bord de la table tout en se
laissant glisser à la limite de l’assise du siège. Ensuite, il place la règle
en bois dur entre ses dents. Et, du même élan qu’Ivan, il s’insère deux doigts
gantés au plus profond qu’il peut. La subite invasion de son anus l’oblige à mordre
férocement dans son outil de travail. Son cri est ainsi étouffé. Puis, du même
rythme que les crissements du matelas, Étienne se prépare à en recevoir plus.
Ses mouvements s’élargissent jusqu’à sentir son aven disposé à cela. Il ouvre
immédiatement un des tiroirs du bureau pour en sortir trois longues bougies.
Imbibées par la substance inondant son gant, ces dernières effectuent, tout de
même, un forcing pour pénétrer son orifice. Ses jambes se mettent à trembler à
l’épreuve endurée. Son souffle se fait court, comme celui de Gabriel chahuté par
les va-et-vient de plus en plus soutenus de son partenaire. Venant percuter
tout aussi vivement le fond de sa ravine, les cierges effleurent sa prostate sans
discontinuité jusqu’à sa première délicieuse jouissance. Ses dents en lâchent
la règle.
- Gnh ! Ha !
Han !... Si bon !
Oh oui ! Ivan est
exceptionnel. Aussi, ne voulant rien laisser perdre de cette soirée
prometteuse, Étienne retire les chandelles encore dures, alors que son actif,
dans l’autre pièce, grogne son impuissance à contrer le retrait de sa verge
molle. Dans peu de temps, l’homme va reprendre son souffle et repartir à
l’assaut de la caverne à peine tiédie. De sa main gantée, le journaliste récupère
le morceau de bois atténuant ses cris, puis commence sans attendre à manipuler
sa poitrine, ranimer son artifice et regonfler ses aumônières. Quant à son
antre, il partage le même sort que celui de Gabriel : une pénétration que
légèrement lubrifiée par l’essence subsistant de la première entrée.
- Mmgnh !
Article huit
Vouloir partager une réjouissance ne
peut contraindre à la présence.
- Espèce d’enfoiré ! À quoi
tu joues ? Merde !
Romain se met à laver les plats
rageusement tandis qu’il peste sa rage contre son ami. C’est vrai que Patrice a
tendance à être trop serviable. À chaque fois, il se fait avoir par ses
collègues qui eux, en cette veille de Noël, ont sûrement partagé un repas
convivial avec les leurs, à l’insu de...
- Cet idiot a dû accepter de
finir leur boulot, à tous les coups. Stupide ! Crétin ! Chiffe molle !
Sans couilles !
L’homme sert l’éponge à son
dernier mot. Une image des plus extatiques vient de flasher dans son esprit. Romain
ferme aussitôt les yeux pour que son imagination ose aller plus loin. Mais...
- Trop tard.
Il soupire de désappointement.
C’est vrai qu’il n’est pas du genre à laisser vagabonder son intellectuel. Quoique,
depuis son retour en France, il peut tenir une réflexion lorsque cela touche
aux finances et à l’organisation d’événements. Cependant, autrefois, il était
plus du genre physique. Attiré par le baseball dès son jeune âge, ses études sont
passées en secondaire pour privilégier ses entraînements, à son entrée dans une
école de futurs champions. Il a participé aux compétitions nationales dans la
course de vitesse, le saut en longueur, le saut en hauteur, le lancer de
javelot, la natation. Il a ainsi développé un corps adéquat et amélioré ses
performances dans son sport de prédilection. Puis, après des années de sueur,
une sélection américaine l’a remarqué. Il est donc parti aux États-Unis afin
d’être acclamé par un public fanatique et des sponsors tout aussi enthousiastes.
De terrains de jeu haut standing à des fêtes somptueuses, Romain a goûté à la
célébrité, aux dépenses extravagantes sans penser à l’avenir. Cela a duré deux
mois. Jusqu’à cette blessure irrévocable. L’étoile montante a fini par
disparaître des esprits. Ne pouvant plus tenir son rang même sur le banc de
touche, on remercia l’estropié, et l’Amérique renvoya le Français, sans un sou,
dans son pays. Là, Romain connut la rue. Ses parents, honteux de sa défaite,
lui avaient tourné le dos. Et, en tant qu’expatrié, il n’avait plus sa place
sur ce territoire. Il n’avait droit à aucune aide valable de l’État. Ici aussi,
il n’était plus rien. Peut-être même était-il juste un déchet aux yeux du monde
entier. L’ancien sportif n’a, après tout, aucun diplôme pouvant lui ouvrir une
porte, une issue face à la déchéance. C’est ainsi que...
- Toi et ta gentillesse.
Une paume chaude s’était posée
sur son épaule. Avachi sur le trottoir, prêt à tourner de l’œil à cause de la
faim, Romain a entendu une voix inquiète lui demander si tout allait bien. Il a
souri de la bêtise des mots employés. Et il a pleuré quand la main s’est tendue
pour l’aider à se relever, qu’un bras l’a soutenu pour marcher, et que Patrice
l’a amené chez lui, lui offrant un toit, où s’abriter, et une amitié, sans rien
en attendre en échange. Puis son je dis
oui pour tout a acheté, sur l’insistance d’un client, cette maison bon
marché. Une ruine. Heureusement, dorénavant fin gestionnaire, l’ex-sportif a eu
l’idée d’en faire une pension à loyers modérés, afin de contrer l’immoralité des
propriétaires et donner la chance d’avoir un logement à des travailleurs aux revenus
modestes. Habile de ses mains, Romain s’est mis lui-même aux réparations pour
diminuer les dépenses. Et cela fait un an et demi, maintenant, qu’il est devenu
le responsable des lieux. Il aime cuisiner et sait tenir une maison.
L’ex-vedette abandonnée a fini par trouver un travail à sa mesure. De plus
celui-ci lui permet de rester au côté de l’homme le plus charitable au monde,
quoique ce dernier lui ait montré un trait de sa personnalité inattendu, en
exigeant que les pensionnaires ne soient que de type masculin et, de surcroît,
gays. À son premier refus, son sauveur en a fait un tel caprice qu’il a dû vite
lui céder.
- Gamin... Mais merci.
D’un coup, ne voulant pas se
laisser attendrir par ces souvenirs resurgissant, Romain se remet les pendules
à l’heure. C’est nécessaire s’il veut invectiver comme il se doit ce...
- Cro-Magnon de mes deux !
C’était si dur que ça de prendre le téléphone pour avertir de ton absence, ce
soir ?
Lui qui a fait un splendide repas
de veille de Noël. Il y a mis tout son cœur.
- Le premier que je faisais pour
tout le monde réuni. Je voulais tellement partager ça avec toi. Mais c’était
trop dur à comprendre. Monsieur je ne
sais pas dire non a préféré clore les affaires de ses égoïstes collègues et
laisser en plan le seul ami qu’il n’ait jamais eu.
L’homme lorgne l’assiette qu’il
a soigneusement enrobée de film pour conserver les quelques aliments festifs y
étant disposés.
- T’as intérêt à apprécier mes
efforts, ou je te les ferai avaler tout rond, demain. Lâcheur !
D’un geste rageur, il enfourne
ces mets dans le frigo et s’apprête à faire le tour des issues avant d’aller se
coucher.
Article neuf
Un partage ne peut être qu’égal et, en
primauté, offert en son total.
- Si vous aviez des cojones, vous auriez pris le taureau par
les cornes et...
On frappe. Surpris dans son
monologue, le mannequin se retourne vivement. Il reste pourtant muet. Le
silence perdure un peu avant...
- J’entends rien.
- ... Tu crois qu’il dort ?
- Il est à peine vingt-deux
heures.
- Il a peut-être pris un
malaise ?
- ... Ok. Je défonce la
porte.
Julian court jusqu’à cette
dernière et l’ouvre en grand pour éviter de futurs dégâts superflus. Il se
retrouve face à deux visages sereins et souriants à sa réaction.
- Espèces de...
- Oui. Oui. Oui.
- Puisque tu nous invites si
gentiment, on entre.
Ce qui est fait sous le regard
sidéré du locataire des lieux. Ce dernier reprend vite du poil de la bête.
- Mais faites comme chez
vous !
- Ah ? C’est gentil.
Ses intrus de voisins s’assoient
donc au pied du grand lit faisant front à la sortie.
- Bon. Nous avons trouvé une
solution à notre problème. Toutefois, il y a un hic.
Le métis referme la porte en la
faisant claquer pour bien montrer son humeur du moment. Sa voix en donne le ton
également.
- Je vous préviens tout de suite,
j’en ai ras la casquette de vos gamineries. Ce soir, ça a été la goutte d’eau
faisant déborder le vase. Alors si c’est pour que je joue à l’arbitre d’un
autre round...
- Non. C’est pas ça.
- C’est toi qui voulais qu’on
trouve un compromis. On a d’abord pensé à te laisser choisir une bonne fois
pour toute, l’un d’entre nous.
- Que...
- Mais sachant que tu nous aimes
tous les deux, on s’est dit que ce ne serait pas juste pour toi. Donc nous nous
sommes décidés pour un partage.
Déjà que ces deux hommes aient
compris et accepté son amour divisé pour eux a étonné le mannequin. Malgré tout
sa colère, grondant en son for intérieur, se devine lorsqu’il interroge
sèchement sur ce fameux...
- Partage ?
- Ben, c’est la veille de Noël.
Il est dit que ce soir-là nous devons apprendre à partager.
- Et ?
- Est-ce que tu serais contre de
nous avoir tous les deux comme amants ?
Julian fronce un sourcil. Un doute.
S’en apercevant, Gaël donne vivement de plus amples explications sur l’idée définitive.
- En fait, ce serait de nous
avoir tous les deux comme amants, en même temps, dans le même lit. Un ménage à
trois quoi. Et t’inquiète, on est sains de corps, aucune MST décelée.
Les complices se regardent. Le
top-modèle maintient une quiétude pesante. Sont-ils allés trop loin ? Le
corps longiligne bouge, enfin, dans leur direction. Arrivé à leur proximité,
leur idole place une jambe entre chacune de leurs cuisses ouvertes, avant de
pousser leurs torses diligemment vers l’arrière. Le matelas les accueille
tandis que Julian, toujours debout, les surplombe d’un air sombre.
- Vous en avez mis du temps à
vous décider.
Le métis exécute en à peine une
minute l’acte de se dévêtir. Puis ses mains commencent à déboutonner les pantalons
des deux acolytes restés ce temps tel quel, à moitié couchés sur la couette, à
cause du spectacle de striptease offert quelques secondes plus tôt.
- Vous pouvez vous lâcher, car
moi aussi mon test est négatif... Et vous avez intérêt à assurer pour vous
racheter de tous ces mois perdus.
- Tu...
- Mais...
Les doigts se referment
abruptement sur les cojones des
sermonnés qui retiennent leurs cris de douleur.
- Comment osez-vous ? Vous
n’avez pas à rétorquer. Oui, c’est de votre faute si nous avons gâché tout ce
temps. Vous n’étiez même pas fichus de penser avec vos cerveaux. On aurait cru
que seules vos envies perverses vous dirigeaient.
Les phalanges tortionnaires
desserrent leurs prises. Aucune réflexion se manifestant, elles remontent le
long des membres commençant à se redresser, pour les abandonner ensuite et
continuer à dénuder les deux amoureux frissonnants.
Ces derniers sont abasourdis par
ce qui vient d’être avoué. Est-il vraiment possible que leur doux compagnon ait
toujours souhaité une relation à trois ? Cependant, trop ravis de ce qui
se conclue à cet instant, ils omettent vite l’idée d’en chercher réponse avec
leurs cervelets et décident de se laisser manipuler pour profiter allègrement
du partage de leur divin aphrodisiaque humain.
Julian est un peu intimidé. Il
n’a jamais encore fait l’expérience d’être le jouet sexuel préféré de deux
hommes bien mis et ce en même temps. Cependant, plus il découvre la
magnificence de ces corps, plus son envie d’en percevoir davantage s’accentue.
Enfin il peut observer chaque anatomie s’exposant dans leur plus simple
appareil. Il grimpe sur le lit et s’agenouille entre celles-ci pendant qu’elles
se redressent de moitié afin de mieux lui faire front. Ses paumes se posent sur
les peaux, plus claires que la sienne, et descendent en sillonnant sur les
creux et bosses, les caractérisant, pour atteindre sans embuche les verges à
moitié raidies commençant à convulser de spasmes extatiques. Sa langue se met à
lécher ses lèvres de convoitise. Le métis va apprendre à ses voisins d’étage ce
qu’est vraiment le partage. Maintenant, il doit faire le bon choix. Par qui
commencer afin que tout se mette en mouvement sans anicroche ? Il se
décide pour Stéphane qu’il sait moins farouche que son compère. Il ouvre donc
la bouche et enfourne l’artéfact avec gourmandise. Ne laissant pas en reste son
autre amant, ses doigts lui emprisonnent l’appendice et débutent un massage à
l’aveuglette.
- Hh !... Gnh !
Gaël a toujours rêvé de ces
phalanges élancées sur son soldat, mais le trouble perçu, à leurs mouvements
langoureux, en est inimaginable. Aussi il laisse ses exclamations se mêler à
celles du photographe tout aussi bouleversé que lui.
Stéphane n’est pas homme à
apprécier qu’on badigeonne son pénis de bave. Les fellations ? C’est lui
qui s’y colle d’habitude. Mais cette dernière lui embrouille l’esprit, au point
de faire entendre sans gêne son plaisir ressenti. Hélas, quelques minutes plus
tard, son entrecuisse est lâchée dans une dernière succion. Julian lui sourit
succinctement en se relevant pour se tourner face au bureaucrate. Le mannequin lui
présente ainsi ses fesses tout en se baissant vers le sceptre motivé de son
comparse. Le sien n’est pas fini d’être préparé. Néanmoins le délaissé a de
l’espoir pour plus tard. Et puis son top-modèle lui laisse le privilège de...
Il caresse tendrement les deux arrondis avant d’écarter l’une des lunes et
d’enfiler délicatement son index dans le mini-trou découvert vierge de poils.
- Hah !
À l’entrée du doigt, la bouche a
relâché sa prise. Gaël, sans pitié, ramène, d’une poigne musclée, ces lèvres à
reprendre leur activité à peine entamée.
- Humglp !
Le Franco-espagnol n’a jamais
connu une telle sensation. Au fur et à mesure que le photographe le met en
condition en détendant ses parois par l’insertion d’autres phalanges aussi
mouvementés que les premières, l’archiviste, tout aussi impitoyable, l’incite à
l’amorcer avec plus de véhémence. Il ne sait combien de temps l’opération dure,
mais lorsque ce dernier le fait arrêter, les doigts cessent, à la seconde, de
l’évaser et le libèrent dans un bruit des plus typiques. On l’aide, alors, à
faire face, de nouveau, à Stéphane. Celui-ci, d’une paume tout aussi
autoritaire que son complice, l’oblige à abaisser son visage vers la tige à
peine tiédie du précédent passage fugace entre ses lèvres, mais pas encore
prête pour l’action décisive. De ce fait, sa bouche, salivant, absorbe en son
entier l’instrument mi-mou. Focalisé sur ce gobage contraint, Julian ne perçoit
les mouvements derrière lui. Sa caverne naturelle est vivement forcée.
- Nhaaaa !
Stéphane relâche sa prise. Le
bureaucrate stoppe son avancée. Le métis peut, de surcroît, prendre les
secondes nécessaires afin de retrouver son souffle.
Les deux hommes ont été surpris
par la douloureuse clameur. Ils s’interrogent du regard pour comprendre ce
qu’ils ont omis.
Le photographe se redresse sur
ses genoux pour mieux vérifier si aucune blessure à l’anus n’est visible.
- Non. Il n’y a pas de sang.
Retire-toi doucement. Peut-être que c’est à l’intérieur.
Au recul de l’appendice, Julian
gémit. Gaël se met aussitôt à lui masser les reins pour détendre son bas du dos
durant sa retraite. La prévenance, que l’un et l’autre a envers lui, en est
très touchante.
- Fais voir... Tu as l’air
pourtant assez lubrifié ?
- Ouais. Je le suis. Mais,
dedans, c’était un peu étroit.
- Vraiment ?
Le mannequin rougit. Qu’on soit
physiquement prévenant avec lui, il peut comprendre, il est vrai qu’en tant que
passif, c’est son corps qui va subir les va-et-vient de ces deux lascars, cette
nuit. Néanmoins ce contrôle oral, sur son aptitude pour les recevoir, est assez
offensant.
- Tu ne l’as pas déchiré au
moins ?
- J’y ai été un peu vite, tu
crois ?
Le doigt, s’insinuant au plus
profond pour partir ensuite à la dérive en attouchements successifs, lui fait
souffler son désir.
- Hmm ! Haan !
- Eh ben en effet, il s’est un
peu resserré. Aide-moi.
Pour quoi le prend-on ? Une
pouliche a inséminer avec douceur ? Julian est prêt à se rebeller contre
cette approche détaillée sur le pourquoi du comment de sa réaction face à la
sodomie, quand d’autres phalanges s’infiltrent au sein de son intimité. Toutes
le secouent avec tant d’enthousiasme qu’il ne peut qu’expulser des exclamations
de plus en plus éloquentes. L’invite étant lancée, elle est, en peu de temps,
remerciée. La seconde intrusion de son antre est délicieuse.
- Hmmf !
Le premier aller-retour
l’ébranle tout autant. Le top-modèle a fermé les yeux de délice. Il ne se
soucie de Stéphane qu’à la main de ce dernier se posant à l’arrière de sa tête.
Il soulève alors ses paupières.
Les yeux sombres ne cachent rien
du bien-être parcourant ce corps. Le photographe en sourit de satisfaction.
Cette allégresse, il veut la palper aussi. Il amène, de ce fait, cette bouche
entrouverte à finir ce qu’elle a commencé. Celle-ci se met sans réticence en
position et manipule par saccade son artéfact afin de l’éveiller complètement.
Sondé avec virulence, Julian a
du mal à émouvoir de la même vitalité la tige tatillonnée entre ses lèvres.
Comme il le pensait Gaël a un côté sauvage au lit. Il va le butiner sans retenue
jusqu’à sa délivrance. Cette fouille violente est pourtant des plus magiques
qui soient. Étonnamment le métis en est flatté. Le traitement enflamme ses
parois internes. L’expression avoir le
feu aux fesses prend tout son sens à cet instant. Les flap flap font écho avec sa voix étouffée. Le grand lit qui en
a vu d’autre sans vaciller, tangue dangereusement au rythme incessant des
poussées fulgurantes lui martelant ses dunes rebondies. Le bureaucrate s’échine
à sa propre délectation, à présent. Pourtant l’appendice chaotique circule entre
ses muqueuses avec une sensualité exceptionnelle. À proximité de l’apogée,
Stéphane, lui, s’évade de sa bouche. Le corps du Franco-espagnol est alors
balloté plus agressivement.
- Naah ! Haah !
Haan !
Gaël propulse, une dernière fois,
son membre durci au plus profond de cette ravine et s’y incruste, maintenant
fermement les hanches de Julian contre les siennes, pour s’y déverser avec émoi
dans un râle expressif. S’étant assuré que la goutte finale a bien été
transvasée, il laisse sa verge, vidée de toute force, glisser hors de ce
cratère brûlant.
Le mannequin est dans
l’incompréhension totale. Il a subit les assauts de l’un de ses amants, a crié
sa félicité sans simulation, cependant, et bien qu’il en ait perdu le souffle,
il n’a pas joui complètement. Son artéfact en est même qu’à mi-chemin. Étendu
sur le lit, calmant sa respiration, perdu dans sa réflexion, l’homme a omis un
petit détail de grande importance. Celui-ci se rappelle à lui.
Stéphane, ayant changé de place
avec son acolyte, redresse le corps lourd qui grogne légèrement à la contrainte.
Il le positionne droit sur les genoux, dos collé à son torse. Et, n’attendant
pas que son passif comprenne ce qu’il va advenir, il le pénètre lentement.
Le métis se cambre au gland s’infiltrant
en lui. Stupéfait, sa bouche s’en est ouverte sans pouvoir crier. Au déplacement
lascif entre ses parois détrempées, l’homme chancelle. Des bras puissants le
maintiennent dans sa pose. Arrivé au point culminant, le pieu s’y fixe. La
promiscuité de ce pic avec ses boyaux lui fait mal au ventre. Dans son désir de
partager, Julian n’a pas pensé plus que ça aux conséquences en découlant. Il a
manœuvré naturellement, excitant les deux membres l’un après l’autre. Cependant,
l’épanchement de ces cojones pleines ne
peut que s’effectuer en lui. Et il est invraisemblable d’avoir un privilégié.
Aussi son antre va être encore, en peu de temps, le réceptacle d’une envie
frustrée de six longs mois. Toutefois l’homme aurait apprécié que ses amants
lui laissent plus d’une minute pour reprendre son souffle, entre chacune de
leur invasion. Contre toute attente, il n’en est rien, et le top-modèle se
retrouve, une nouvelle fois, harponné et prêt à défaillir. C’est deux-là !
Pourquoi ne communiquent-ils pas entre eux ? Cela aurait pu l’alerter de
ce qui allait survenir. Un souffle chaud dans ses poils pubiens lui fait
baisser la tête. À la seconde, sa tige, laissée pour compte jusqu’à présent, est
happée par une large mâchoire s’y refermant. Tel le pis d’une vache, elle est
aspirée longuement.
- Hhhh !
C’est ce moment précis que
choisit Stéphane pour bouger de droite à gauche. Traversée ainsi par un artifice
enflé et dur, son aven s’éprouve instantanément. Ses partenaires sont si expérimentés
qu’ils en sont devenus émérites. Tété de face, visité en mouvements successifs
et lents de long en large de derrière, Julian, pris en étau, se laisse envahir
par la ferveur des sensations jusqu’en perdre tout sens du réel. Noyé dans le
plaisir procuré, il jouit avant la fin de l’acte. La bouche réceptrice de son
abandon se plaque immédiatement à ses lèvres ouvertes, lui faisant goûter du
liquide contentieux mêlé à la salive. D’habitude il est révulsé par cette
saveur âcre. Toutefois la sève tiède, se répandant dans ses entrailles durant ce
baiser interminable, annihile toute répulsion de celle descendant dans sa gorge.
Les uns vidés, l’autre rempli, le trio s’endort, ensuite,
sans demander son reste. Les corps ont chauds, mais ils recherchent le contact.
Les deux acolytes resserrent donc leur étreinte autour de leur mannequin
allongé entre eux. La leçon de partage ? Tous ne sont pas prêts de
l’oublier. La réalité a dépassé leurs rêves.
Si vous aimez ou préférez la première version, n'hésitez pas à venir sur le blog communications ( ici ) que j'ai ouvert pour toute personne désirant me faire part de leur opinion. Ainsi, si je reçois un appel positif des maisons, vos avis pourront faire pencher la balance pour qu'ils adoptent les changements effectués. Merci de votre soutien en anonyme ou autre.
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