Traduction

jeudi 11 juin 2015

Lois festives

Bonjour !

J'ai revu ce roman BL, toujours en attente de réponses des maisons d'éditions.
Voici donc ce que ça donne (avec surprise d'extras).

Attention interdit au moins de 16 ans et aux personnes atteintes d'homophobie.

Code de Noël



Loi numéro I : partager



Article premier

Il faut partager de son temps avec l’homme vous payant comptant.



- Attention, le petit oiseau va sortir...

Le flash illumine le stand du Père Noël. Stéphane vérifie immédiatement la prise sur son appareil. La mère de l’enfant, appuyant avec insistance sa volumineuse poitrine contre son bras, regarde de même, de son air austère, la fenêtre où s’affiche la photo de son mouvementé chérubin. C’est la quatrième fois qu’elle la lui fait refaire. Son petit démon ne tient pas en place et, comme la figure maternelle, ne sait aucunement sourire. L’homme grimace. Sur cette image, au moins, le garçon ne tire pas méchamment sur la barbe du héros du jour, la narine légèrement épatée de ce dernier n’est pas exploré par un doigt juvénile, et le jeune diable ne saute pas du genou de l’homme, à la dernière seconde, disparaissant ainsi de moitié de l’objectif. Non. Là, il a préféré arborer une pose hautaine.

- Magnifique ! Vous m’en tirez dix.

Stéphane n’en revient pas. Mais c’est la loi de son business, chaque acheteur a des goûts distincts. Le photographe se détache sur-le-champ du contact abusif de la dame, effectue le tirage et encaisse le dernier dû tout en esquivant de justesse le discret écrit du numéro de téléphone de la cliente. Enfin, lorsque cette dernière abandonne son projet pour poursuivre son fuyard de rejeton, il appuie, illico, sur l’interrupteur des lumières du stand.

- Journée close.

Puis, il commence à compter la caisse. Ses muscles sont aussi durs que de la pierre tant il est resté debout la journée durant. Dès qu’il rentre, il supportera une douche écossaise pour annihiler cette soudaine fatigue. Après tout ses projets du soir sont trop importants pour qu’il y soit inscrit comme abonné absent.

- Mon ami, on a tout de même survécu. Toi, aux avances de ses insidieuses mères, et moi... J’ai bien cru qu’il allait me tuer celui-là.

Le Père Noël s’assoit lourdement sur la chaise tout en retirant la fausse barbe écarlate.

- Les mômes d’aujourd’hui ! Tous des monstres !

- C’est pas vraiment leur faute. Leurs parents leur donnent tous les droits.

- Eh bien il devrait y avoir une loi interdisant aux parents d’être aussi laxistes, à cette période de l’année.

L’homme au ventre proéminent prend le temps de se désaltérer à la bouteille d’eau récupérée dans la glacière, avant de continuer son plaidoyer.

- Moi, à mon époque, on était de vrais anges quand arrivait décembre, parce qu’on nous affirmait que si on n’était pas sages, le Papa Noël ne nous apporterait pas nos cadeaux.

Le photographe sourit à la réflexion du quinquagénaire ayant dû suer, ces derniers jours, dans le chaud habit du redresseur de tort en question et supporter les caprices de certaines têtes blondes installées sur sa cuisse.

- Tiens. Voilà ton salaire et ton pourcentage. On a fait un bon chiffre aujourd’hui.

- Et me voilà en vacances jusqu’à l’année prochaine ! Hourra !

Les deux hommes se mettent à rire de bon cœur, déchargeant ainsi le stress emmagasiné depuis le début de la semaine. Puis, ils trinquent de leurs litres respectifs.

- Joyeux Noël, Père Noël.

- Joyeux Noël à toi aussi, mon ami.

Après une bonne lampée, les yeux gris bleuté lorgnent le matériel à ranger.

- Bien. Je vais m’y mettre. J’ai un repas de veillée.

- Ah oui ?!

- Ne sois pas si étonné. Notre pension a une ambiance assez bon enfant et un gérant plutôt bon cuisinier.

- Y en a qui ont de la chance.

- Quoi ? Tu es seul, ce soir ?

- Non. Des connaissances m’ont invité à une fête réservée à des célibataires. Des célibataires de notre genre, si tu vois ce que je veux dire.

Le sourire en coin, sur le visage aussi arrondi que le ventre, laisse entrevoir avec clarté les intentions dépravées de cet événement. Stéphane en sourit succinctement avant d’effectuer la morale s’imposant.

- N’oublie pas les préservatifs, à chaque fois, hein ? Et n’abuse pas de ta libido en folie constante, afin de laisser profiter les autres des trous de balle s’offrant, cette nuit. Compris Père Noël ?

Profitant qu’ils soient à moitié cachés, l’une des grosses mains de celui-ci vient enrober l’entrejambe de son jeune patron.

- Si tu veux que je t’aide à libérer la tension qui tend ton pantalon par là, j’ai encore quelques heures devant moi avant d’y aller et déjà cinq boîtes de protections dans ma hotte, mon ami.

Le photographe se penche au plus près du faciès aux cheveux blancs.

- Impossible. Un, parce que je ne déchargerai mes aumônières qu’avec celui qui hante mes rêves en ce moment. Et, deux, parce que je suis comme toi, rien qu’un actif à cent pour cent.

Un baiser chaste et bref conclut la discussion de ce sujet-là. La paume délictueuse s’éloigne de sa saisie.

- Mais puisque tu as du temps libre, je veux bien que tu le partages avec moi, en me donnant un coup de main pour ranger mes affaires.

Sur ce, la belle silhouette de plus d’un mètre quatre-vingt s’éloigne de son assistant intérimaire en rut afin de commencer à remballer son outillage. Ce soir, il ne veut pas être en retard. C’est sa première veillée festive en compagnie de Julian. Et l’homme compte bien savourer chaque minute partagée avec le top-modèle.

- Pourquoi pas. Puis, c’est pour la bonne cause. Et, en tant que Père Noël, je me dois d’offrir un cadeau à ce grand et généreux garçon que tu es. De plus, il serait dommage que tu arrives en retard à ton rendez-vous galant, mon ami.

Celui-ci lève ses superbes iris sur son aîné se mettant à le seconder en sifflotant. Il sourit en pensant à ce futur bonheur qui l’attend. Mais une ombre passe soudain sur ses songes. Il en souffle de désespoir.

- Eh bien, l’ami ? Te voilà bien triste d’un coup.

- C’est que ce rendez-vous ne sera pas vraiment, comme tu l’appelles, galant.

Les sourcils du second se froncent.

- Veux-tu dire que ton Julian ne sera pas à la tablée ?

- Oh si, il sera là.

Le sensuel visage s’est illuminé à cette confirmation, avant de s’assombrir, à nouveau.

- Seulement, lui, il y sera aussi.

- Lui ?

- Une beauté qui n’a rien à m’envier. L’élégant susnommé Gaël.

L’homme se met à grommeler entre ses mâchoires serrées en reprenant le rangement.

Le Père Noël n’en croit pas ses yeux. Il a toujours connu un Stéphane patient et imperturbable. Le faciès rond se retient, tant bien que mal, à rire. Son jeune ami n’a pas l’air de se rendre compte. Par respect, l’employé se décide à ne rien dire. Seulement il espère, qu’un jour, son patron se révèlera ce que son propre for intérieur espère réellement.

- Ah, jeunesse !



Article second

On doit partager sa beauté au risque que le monde le fasse regretter.



- Tu es tout seul, ce soir. Et je sais que tu es célibataire. Maintenant que je te connais, je sais aussi que tu es loin du monstre que tu parais être. Aussi, tu auras la faveur de venir réveillonner avec moi. Tu n’auras pas à cacher tes yeux, j’aime les sensations fortes. Tu vas m’offrir une veillée inoubliable.

Les longs cils foncés voilent une seconde le regard taciturne fixant l’inconnue ayant lâché de telles affirmations. Chaque semaine déjà, en temps normal, Gaël a droit à une invite de ce genre des femmes recherchant le grand frisson. Mais quand arrivent les périodes festives, les sollicitations se multiplient et en deviennent lassantes. L’entreprise, comme chaque année, a fait un pot de Noël avant la fermeture du grand bâtiment jusqu’à l’année suivante. L’archiviste, employé ici à tiers-temps, a fait l’effort de venir y boire un verre. Et voilà que ce décolleté aguichant espère... non... lui ordonne d’être son bouchon de champagne pour cette nuit. La journée a été longue, et la patience de l’homme a atteint sa limite. Aussi, tel le diable, il joue de sa particularité afin de se délecter de la frayeur s’affichant, aussitôt, sur le faciès peinturluré à l’extrême. Il renforce même cet effet en arborant une voix provenant droit des Enfers.

- Le problème étant que ton anatomie de femelle arbore deux embouchures, et que je n’ai qu’un seul liège à offrir. De plus ton goulot central n’est pas celui que j’apprécie habituellement obstruer. Il te manque de surcroît, à l’entrejambe, ce magnifique pendule mâle que mes lèvres aiment savourer. Bonne fin d’année, tout de même.

Gaël tourne le dos à la secrétaire restée tétanisée. Il pose son verre à moitié vide sur la table. Enfin, estimant avoir déjà assez donné de sa personne, il sort des locaux. Le froid de l’hiver lui gifle aussitôt le visage. Il boutonne jusqu’au cou sa parka, en relève le col, puis se décide à commencer sa longue marche à travers les avenues aux trottoirs noirs de monde. La ville est bruyante et gaie de par l’arrivée des fêtes. Les vitrines rayonnent de décorations enneigées. Dehors, les flocons, eux, ne sont pas au rendez-vous. La température est trop fraîche. Le bureaucrate presse son pas. S’il continue à flâner ainsi, il va arriver en retard. Et il ne tient pas à faire attendre l’élu de son...

- Oups ! Excusez-moi.

Aux yeux vairons se posant sans sourciller sur elle, la jeune fille s’en apeure, avant de s’en éblouir. Sa main, tendue vers le beau Satan bousculé, est restée en suspens. Aux murmures de ses camarades l’attendant un peu plus loin, elle ose un...

- Bon Noël !

- ... Bon Noël.

À son salut courtois, la lycéenne va rejoindre le groupe d’adolescentes. Gaël reprend sa route, pendant que, dans son dos, des exclamations de fans explosent.

- Ah ! Le pot !

- Il est trop... Aaaah !

- Je veux le même, en maillot de bain, sous le sapin.

Des éclats de rire cristallins font sourire l’idole du moment.

- Et sa voix ! Sa voix !

- C’est un ange démoniaque.

Là c’en devient carrément embarrassant. Surtout que les passants, interloqués par le remue-ménage, le fixent en le croisant et se retournent, ensuite, pour évaluer l’arrière du devant de cette silhouette tant briguée. Heureusement l’angle de la rue est proche. L’homme s’y échappe.    



Article trois

On doit partager le toit d’autrui en appréciant les êtres du logis.



- Bienvenue ! Tu en as mis du temps.

Marc grogne. Il sait déjà qu’il est l’un des derniers arrivés. Il se débarrasse, d’un geste las, de son vieux blouson en cuir noir et le suspend au pommeau de l’escalier. Il prend un instant pour inspirer une grande bouffée d’oxygène, en poussant ses épaules vers l’arrière. Certains os de son squelette d’un mètre quatre-vingt-douze en craquent. Sa grande paume masse son épaule aux muscles en reliefs aussi durs que du béton.

- Crevé.

Les ouvriers sans enfant ont dû faire des heures supplémentaires au chantier afin de remplacer les pères en congé. Éreinté, l’homme n’est pas vraiment d’humeur à la fête. Cependant Romain, le concierge des lieux, l’entraîne dans la grande salle commune où attendent les autres locataires de cette pension bon marché. Là, il est abandonné par son conscrit au moment où on lui présente un verre de vin chaud. D’une voix fatiguée, il remercie la main amicale.

- Sympa.

- De rien.

Le timbre moyen, lui répondant, le surprend. Mais le manœuvre n’a pas le temps de relever les yeux de sa boisson que Gabriel s’éloigne déjà. Il s’en renfrogne intérieurement. Comment a-t-il pu louper une telle occasion de pouvoir retenir ce bel oiseau de cinq ans son cadet ?

- Chian li ! Imbécile !

Marc s’est injurié en serrant les mâchoires.

- Tu t’es raté.

Le travailleur lorgne d’un air grincheux le confirmant top-modèle de magasine à ses côtés. Julian lui sourit. Un sourire d’encouragements ou narquois ? Bah ! Après tout, il s’en fiche.

- Mm. Je me rattraperai la prochaine fois.

- D’après ce que j’ai compris, tu seras assis près de lui à table. Alors, bonne chance !

Sur ce, le mannequin se dirige vers Stéphane et Gaël. Sous ce toit, tous connaissent le sentiment amoureux de ces deux-là pour ce Franco-espagnol. Chaque jour, ils sont en compétition afin de parvenir à leurs fins auprès de cette beauté. Toutefois, contre toute attente, il n’y a jamais eu ni perdant, ni gagnant.

- Tu veux boire du vin, Julian ?

- Tu préfères sûrement un gâteau apéritif ?

Gaël regarde d’un air mauvais son rival le toisant de même. Les hommes sont pratiquement de taille identique. Leur allure machiste les rend particulièrement attirant. Ils portent leur virilité mâle à merveille.

Le sujet de la brouille se positionne entre les pugilistes. Dès que le métis a emménagé au premier étage de la bâtisse, six mois plus tôt, ses voisins de palier sont devenus des ennemis farouches.  

- Je vais prendre les deux. Merci.

Ne peuvent-ils pas fumer le calumet de la paix, au moins ce soir ? Après tout on est la veille de Noël. Mais il est à peine vingt heures, et déjà la lutte est de mise. Le repas qui va suivre, risque de tourner au vinaigre si Julian ne fait rien.

- Dites ? Vous voulez me faire plaisir ?

- Bien sûr !

- Tout ce que tu voudras.

Les visages se sont illuminés à la demande.

- Laissez vos armes dans leurs étuis, et partageons, ensemble et dans l’entente, une bonne soirée.

Là, les faciès grimacent.

- Pour moi, hum ?

Les duellistes ne peuvent résister à ces yeux sombres quémandant tel un enfant, à cette voix mielleuse à souhait même s’ils la savent poussée à son paroxysme afin de les attendrir. Ils acquiescent donc.

Le peu d’enthousiasme que ses compères ont mis à accepter sa requête, est un peu vexant. Julian se félicite, malgré tout, pour la trêve obtenue. Et, pour bénir cet armistice, il leur offre une bise sur la joue. À chacun.

Ivan sourit à la surprise des deux adversaires. Dès qu’il aura le temps, sûr qu’il dessinera la scène dont il vient d’être témoin. Étudiant en art, il aime croquer ces instants flashs. Toutefois il détourne vite son attention sur son sujet préféré. Étienne se sert dans les cacahuètes. L’homme doit être aussi léger que Gabriel retirant un plat vide près de celui-ci. Tiens ? Son colocataire le dépasse de quelques centimètres. Le dessinateur évalue que le corps doit alors à peine mesurer un mètre soixante-dix. Les silhouettes frêles sont presque identiques. Presque. Les épaules d’Étienne sont plus étroites, mais celles de son camarade de chambre descendent tandis que les humérus de son idéal sont pratiquement perpendiculaires à l’extrémité des clavicules. Le port droit de cette anatomie marque la courbe efféminée de sa taille et la fine ligne de ses hanches.

Le reluqué a une faim de loup. Hier, il a bossé au journal quatre heures d’affilée, sans pause. Toujours pas habitué à ce train de vie du peuple, il en a été si fatigué qu’il s’est endormi à son retour, sans manger, et ne s’est réveillé que depuis une heure. Son ventre demande donc à être rassasié.

Plus il détaille ce corps svelte avec des manières raffinées, plus son envie de lui s’élève au summum. « Je t’aime, Étienne. » Ivan soupire. Jamais il n’arrivera à le lui dire de vive voix.

- Tu rêves ?

L’universitaire sursaute. Il ne s’est aperçu de la présence de son ami, à sa droite, qui en rit aux éclats. À cette réaction, le jeune homme affiche une moue boudeuse.

- Arrête de te moquer, Gabriel, ou je te le ferai regretter cette nuit.

- Ouh ! Que de bonheur en perspective.

Les pupilles se sont mises à briller à l’alléchante menace. Un claquement de paumes fait revenir le désireux de ses pensées perverses.

- Bon. Nous allons passer à table.

Romain se rembrunit intérieurement d’avoir dû annoncer cela. Seulement sa dinde va être sèche à force d’attendre l’arrivée de tout le monde. Cependant, le cuisinier aurait apprécié que la seule personne, restant encore invisible, soit là ce soir.

- On n’attend pas Patrice ?

Au prénom de l’abonné absent, le moral du concierge s’attriste davantage. Il fait pourtant bonne figure.

- Il a dû avoir un empêchement de dernière minute.

- Je n’ai jamais compris comment un gars de deux mètres de haut, pouvait être aussi manipulable.

- Ouais. Son physique est assez impressionnant, pourtant.

- Mais il ne fait plus peur dès qu’on le connaît.

- Si il avait un caractère moins tendron.

- C’est vrai qu’il a tendance à acquiescer à toute demande.

- Dis, Marc ? Tu ne pourrais pas lui apprendre à être plus ours, comme toi ?

Le plantigrade désigné grogne à la suggestion et se renfrogne de la comparaison.

- Comme si j’étais mal léché.

C’est alors qu’un bras fin entoure son biceps proéminent.

- J’ai toujours admiré la virilité des grizzlis, moi.

L’ouvrier se sent fondre à ces mots, cette voix, ce contact. Et, tel un ourson, il se laisse guider docilement jusqu’à sa chaise par son magnifique Gabriel.               



Article quatre

Il est admis de partager pour éviter que d’autres ne soient blessés.



- Est-il possible de te parler ?

Julian est ce qu’on appelle un harcelé. Depuis qu’il a emménagé en ces lieux, deux hommes, deux séducteurs invétérés, se font la guerre afin de gagner ses faveurs. Des mois durant, il a dû supporter leurs flirts simultanés finissant toujours par un accrochage. Ce soir, au repas de cette veille de Noël, n’en pouvant plus, il s’est dressé entre les acolytes se faisant encore front pour connaître qui aurait le privilège de lui offrir son cadeau en premier. Ce stupide geste lui a valu un coup fulgurant dans le bide et une superbe droite sur la joue. Et voilà que l’un de ses agresseurs vient frapper à sa porte, la bouche en cœur. Ne voulant aucunement ouvrir, l’Hispanique répond derrière le bois.

- Si c’est pour savoir comment je me sens, sache que j’ai l’impression d’être passé sous un rouleau compresseur. Et que j’ai mal rien qu’en te répondant, tant ma mâchoire est endolorie. 

Le silence perdure un moment avant qu’il n’entende, à nouveau, la voix légèrement hésitante.

- Est-ce que... Est-ce que je peux faire quelque chose ?

- Va voir ton partenaire de ring, et trouvez un compromis pour vous entendre, ou ne m’adressez plus jamais la parole ni l’un ni l’autre.

Stéphane écoute Julian bougonner dans la langue de son paternel tout en s’éloignant de l’entrée.

- Il nous en veut, hein ?

L’homme se tourne vers son voisin de palier.

- Peux pas te dire. Je ne connais pas l’espagnol.

- Ouais.

Gaël souffle tout en s’adossant, bras croisés, au mur.

- On est vraiment accro à ce mec.

Le photographe vient s’installer au côté de son compère et souffle de même.

- Oui.

Soudain, son homologue lève les bras au ciel.

- Aah ! Mais c’est sa faute aussi ! S’il était moins beau et moins gentil.

- La plupart des métis sont mignons. Mais, en plus, celui-ci a du charisme. Et il doit avoir une poussée suspecte de phéromones pour nous envoûter ainsi.

- Ouais. C’est certain. Et puis on n’est pas si méchants que ça, non plus.

- Exactement ! On est juste amoureux...

- Du même homme.

Les voix se calment. Les pauvres cœurs brisés fixent le sol, perdus dans leurs pensées. Le silence les entoure.

Gaël desserre le nœud de cravate et quelques boutons du haut de sa chemise.

- Il a raison. On ne peut pas continuer comme ça.

- Mm.

Stéphane se laisse glisser le long de la paroi et s’assoit sur ses talons.

- Qu’est-ce qu’on va faire ?... Il a parlé de compromis, mais je ne vois pas où il veut en venir.

Le bureaucrate s’accroupit à son tour. Il faut réfléchir, et, après une journée de travail enfermé dans une petite pièce sans fenêtre, il a du mal à se concentrer.

Les larges épaules des deux hommes tirant le tissu de leurs vêtements laissent deviner des corps modelés. Leurs vingt-cinq ans leur vont à merveille.

- Un tour chacun, peut-être ?

- Qu’est-ce que tu racontes ?

- On joue à la courte-paille celui qui passera cette première nuit avec lui.

- Arrête. Dis pas n’importe quoi.

- Je suis fatigué de toutes ces stupides bagarres.

- En plus, ce soir, c’est Julian qui en a fait les frais... Ça craint... À moins que...

- ... Si tu as une autre idée, je t’en prie, explique.

Les voix deviennent murmures. L’oreille collée à la porte, le Franco-espagnol ne comprend plus ce qui se dit dans le couloir. Il soupire. Après tout peut-être est-ce vraiment de sa faute si ces hommes se déchirent. Il n’a pu choisir entre les deux prétendants. Ils lui plaisent autant l’un que l’autre. Au début les escarmouches n’étaient pas méchantes, cependant, au fil du temps, elles ont été plus virulentes. Ses soupirants en sont même arrivés aux poings ce soir, et...

- Non mais, pourquoi je me suis mis entre, moi ?

La colère remonte de ses entrailles. Dans une semaine, au dernier jour de l’année, il doit rencontrer un responsable de marketing cherchant un métis entre vingt-cinq et trente ans. Ce travail est sous contrat. Et un contrat représente un salaire fixe plus les à-côtés. Ses parents lui ont donné un physique de rêve tout élancé. Bien qu’il lui manque un petit centimètre pour arriver aux cent quatre-vingt appréciés dans le mannequinat, la finesse des traits de son visage et son teint caramel lui ont ouvert quelques portes. Des portes qui se sont refermées un an plus tôt lorsque, dépressif, il n’a pu travailler au rythme soutenu exigé. Le trente et un de ce mois, il a une autre ouverture, une nouvelle chance. Seulement celle-ci a peut-être été gâchée par son geste absurde. Julian se remet face au miroir. Son visage ressemble à celui d’un boxeur.

- Merde !

Romain, le responsable de la pension, lui a pourtant tout de suite mis de l’arnica et appliqué un chiffon rempli de glaçons sur sa mandibule. Cependant...

- Regarde-moi ! Et tout ça pour que ceux-là ne se retrouvent à l’hôpital.

En plus, leur querelle est tellement idiote. Il y a pourtant une simple solution afin que chacun y trouve son compte. Toutefois, faudrait-il que ses admirateurs y pensent eux aussi. Après tout, il n’est pas certain qu’ils veuillent... L’homme soupire de plus belle.



Article cinq

On doit savoir partager son émoi avec tous ceux qui le pourvoient.



- Hhh ! Huum !

Gabriel se mord la main pour ne pas crier plus fort. Les murs du bâtiment sont plutôt fins et leurs voisins sacrément intéressés par ce qui peut se passer dans leur chambrée. Son ami, lui, n’en a cure de savoir qu’on puisse se servir de leur passion pour se satisfaire. Aussi Ivan accélère les mouvements de langue tout en resserrant les lèvres autours de sa tige durcie.

- Hm ! Hhh ! Hm !

Oui, ils sont gays. Oui, ils ont aménagé ici depuis plus d’un mois afin de vivre leur penchant en toute liberté. Et oui, ils font depuis l’amour presque chaque jour. Leur entourage, dorénavant ? D’autres hommes aux mêmes tendances sexuelles. Des affirmés, des séducteurs, des tendrons, aux faibles revenus, logent dans cette pension à trois cents euro, repas compris, par mois.

Gabriel et son compagnon ont vingt et un ans. Ils se sont connus sur les bancs du lycée, avant de s’inscrire à la même université, l’un suivant des cours d’histoire de l’art et l’autre des beaux arts. Et ce tout en assurant un travail à mi-temps, depuis que leurs parents ont renié jusqu’à leurs existences lorsqu’ils ont mis à jour leur liaison.

- Arr... houm ! Arrête !

La bouche lâche instantanément le fin membre aux veines enflées.

- Tu es déjà prêt à me recevoir ? Ou as-tu peur d’une éjaculation précoce ?

La respiration chaotique du délicat sternum et le regard langoureux de son comparse en disent long sur sa condition. Ivan les positionne donc pour la première entrée chaleureuse de cette soirée. Après tout c’est la veille de Noël, et il tient à faire vivre une nuit inoubliable à son passif dévergondé, tout en faisant partager l’émoi au voisinage. Il se penche pour soulever les hanches à bon escient. Soudain, l’homme arrête son geste tandis que les reins sont suspendus à quelques centimètres du sommier.

- Dis donc ? Tu pèses combien ?

- Quoi ?

Qu’est cette question ? Pourquoi, tout à coup, son ami se renseigne sur son poids ? Mais, machinalement, Gabriel répond.

- Soixante kilos. Environ.

L’artiste sourit. Étienne ne doit guère faire plus. Aussi si un jour ils ont ce genre de rapports, l’homme prendra soin de caler délicatement le frêle squelette entre ses muscles. Ivan a déjà cette crainte que son actuel amant ne se casse à ses finales avancées vigoureuses. Alors celui qu’il aime en secret... Les doigts de son passif du moment viennent vigoureusement enserrer ses biceps finissant l’ajustement.

- Ne... Ne me fais pas crier comme hier. D’accord ?

À ces mots, les yeux océan s’éclaircissent d’une étincelle malsaine. L’homme connaît les attentes de son gringalet.

- Très bien. De toute façon, il préfèrera t’entendre hurler.

La soudaine obstruction de son intimité lui coupe le souffle. Époustouflant est le mot qui convient le mieux à ce qu’a ressenti Gabriel, bien qu’aucun son n’en ait exprimé le bonheur.

Les fins muscles du corps se sont crispés, la nuque cabrée vers l’arrière. Ivan décide courtoisement de laisser à son colocataire le temps de récupérer son air. Il est, malgré tout, un peu contrarié que ce dernier n’ait daigné crier de tout son soûl alors que lui a fait un effort pour tenter de satisfaire ses vicieux désirs. L’un de leurs voisins a dû être pareillement déçu. Puisqu’il en est ainsi autant revenir aux bonnes vieilles habitudes. Le dessinateur reste enfoui au plus profond de son inexpressif et commence à bouger tendrement ses hanches en tournant de droite à gauche.

Le mouvement, entre ses parois internes, est en contraste complète avec l’entrée sauvage les ayant cisaillées quelques secondes auparavant. Le contact léger, par intermittence, que Gabriel perçoit en lui, finit d’électriser tout son être.

- Hmm ! Han !

De l’autre côté des murs, deux célibataires à l’oreille aiguisée commencent à éprouver les conséquences de leurs indiscrétions. Depuis que les étudiants se sont installés dans la chambre centrale, du second étage, les soirées des curieux en sont devenues éprouvantes. Le bruit crissant du sommier, du lit cognant le mur au rythme des mouvements plus ou moins rapides se répétant encore et encore, avec, ajoutés à cela, les gémissements des deux acteurs, ces chers voisins ont, systématiquement, droit, chaque soir, à un stimulant porno gratuit avant d’aller dormir.

- Ivan. J’en peux plus !

- Ok.

- Naah !



Article six

Le fait de partager peut être apprécié, mais pas celui de se fourvoyer.



- Allez, mon ange !

Marc, conducteur occasionnel de véhicules de chantier, ne peut s’empêcher de se coller à la cloison adjacente, le séparant de l’autre pièce, dès qu’il entend la voix suave de Gabriel appelant son amant. C’est toujours ainsi que débute une heure des plus chaudes. Seulement, aujourd’hui, cela va sûrement durer plus longtemps, puisque les universitaires sont en vacances scolaires.

- Crie ! Donne-toi à fond !

L’homme a une certaine attirance pour ce passif exubérant. Le svelte corps l’attise à chaque fois qu’il l’imagine nu en train de se faire prendre, sans retenue, dans différentes positions. Marc, se branlant alors, fantasme sur ces yeux, bruns et arrondis, se voilant par intermittence aux battements incessants du membre écartelant la cavité entre ces petites fesses. La fine bouche doit s’ouvrir ostensiblement pour clamer son extase. Les hanches étroites sont sûrement en train de bouger afin d’encourager les allers-venus plus approfondis et rapides de son partenaire.

- Hhh ! Hhhhhrg !

Le sperme éclabousse son torse velu tandis que la voix de son aimé hurle sa libération. Marc prend le temps de se remettre de cette première sensation avant de se rendre au coin bains de la pièce. Il n’aime pas se sentir poisseux. De plus, la toison sombre, recouvrant une bonne partie de son poitrail jusqu’à son bas-ventre, est si frisée que la substance asséchée a du mal à s’estomper. Ne tenant aucunement à atténuer davantage les sons allant se réitérer à côté, il laisse la porte de la douche ouverte. Sa main tourne le mélangeur pour que l’eau, s’écoulant sur son corps, soit plus chaude que tiède. Enfin il se lave. Il finit juste de rincer le savon que les exclamations reprennent de plus belle. Quoiqu’il n’apprécie guère celui faisant rugir ce mignon minois, Marc lui reconnaît cette qualité d’être un actif à la récupération record. Là-dessus l’ouvrier le met à égalité avec lui. Cependant Gabriel aurait déjà reçu, de sa part, un entraînement poussé pour ce qui est de l’endurance. Et si le frêle corps n’avait pu, par cela, apprendre la persévérance, le manœuvre ne se serait pas arrêté à tenter d’entrer en extase à l’unisson avec ce passif. Lui, il l’aurait juste laminé à son insu jusqu’à goûter son propre plaisir. À cette pensée, le bear est prêt à se saisir de son membre tout aussi dressé que celui de l’entreprenant derrière le mur, quand il suspend son geste. Son regard clair s’affermit. Il vient de réaliser que, depuis un mois, il rythme ses envies au gré de ceux de son amant par intérim.

- Chian li !

L’homme en grogne tel un ours.

- Hors de question que je libère mes burnes à ton bon vouloir, Gab !

Empoignant méchamment son monstrueux diamètre, il prend sa décision.

- Fini les gentillesses ! Je vais t’apprendre ce qu’est un dominant dans toute sa puissance.

Une éjaculation plus tard, le timbre des gémissements change. Le manœuvre perçoit l’approche ponctuant les différents ébats. Ses doigts s’activent sur sa tige rougie par la température élevée du jet. Il se cale contre la vitre embuée et excite plus vivement, encore, son membre.

- Hh ! Seulement pour toi ! Hh ! La dernière... Ensemble ! Hh ! Gab !

Quand celui-ci hurle pour la cinquième fois son extase, sa propre troisième poussée libératrice asperge la robinetterie.

- Hhhhrg !



Article sept

Le partage n’est autorisé que parce qu’on en a juste la

pensée.



- Mhf !

À l’opposé du couloir, Étienne, reporter dans un petit journal de banlieue, souffle son émoi. Ivan va être plutôt virulent ce soir. La couche des deux amants étant poussée contre le mur mitoyen où est installé son pupitre, le jeune homme, d’à peine vingt ans, peut suivre chaque étape effarouchant ces anatomies respectives. Lorsqu’il a entendu, plus tôt, la voix moyenne de Gabriel confirmer qu’il était prêt à commencer, aussitôt les ressorts du sommier ont grincé à la chute du corps offert.

Eh oui ! Ce pauvre Ivan doit attendre le bon vouloir de son partenaire. Étienne en grimace à tous les coups. Sa jalousie envers ce passif autoritaire atteint un niveau hors du commun, même s’il est persuadé que, dans un avenir proche, ce couple ne subsistera. Après tout, au moment des repas ou dans le coin salon, jamais les universitaires ne montrent un quelconque intérêt amoureux l’un envers l’autre, comme tout couple normalement constitué. Tout se passe dans le privé. Cependant il est vrai qu’il y a un bon accord entre ces êtres pour ce qui est du sexe. Toutefois, si un jour il a la chance de devenir le copain de cœur d’Ivan, lui se laissera toucher à chaque envie de ce dernier, autant dans leur nid douillé qu’aux yeux de tous. C’est qu’il aime cet homme. Sportif invétéré, l’étudiant a des galbes parfaits pouvant émoustiller n’importe quelle anatomie humaine. Et ce regard bleu intense ne cache rien de sa faim avide de foutre à chaque heure.

Le léger craquement de la couche fait revenir le fabuliste de ses songes. Étienne, alors, discerne les baisers goulus donnés par cet actif, amateur de bonne chair, sur chaque relief et creux de la peau de son ami. Un apéritif. De la bouche, à la base du cou, aux mamelons... Écoutant les bruits significatifs de cette langue gourmande, le reporter s’en charme. Complètement nu, il s’assoit à son bureau et se met à titiller ses tétons d’un frôlement fugace, de droite à gauche, de l’embout rond d’un stylo. Il n’a trouvé à portée de mains que cet objet pour les stimuler, et ses monts d’un beige clair s’en sont vite contractés de plaisir.

- Plus ! Hh ! Donne-m’en plus !

Il a murmuré mais, exauçant son souhait, la langue descend plus bas, y goûtant plus voracement l’entrecuisse, sûrement minime. L’artifice d’Étienne est au moins de taille moyenne, lui. Ivan s’en rassasierait davantage. Son bas-ventre, à cette pensée, en appelle à sa clémence. Enfilant diligemment le gant de laine rêche approprié pour la circonstance, le reporter répond à la demande. Ses mâchoires se crispent pour ne faire sortir que d’infimes gémissements dus à la douleur de la brûlure de la fibre râpeuse sur son pénis dénudé et du bien-être l’accompagnant. Lorsque la voix grave s’inquiète de savoir s’il est déjà prêt à le recevoir ou s’il a peur d’une éjaculation précoce...

- Les deux. Alors viens ! Viens !

C’est ce qu’il susurre. Le cadet de la pension monte aussitôt ses pieds contre le bord de la table tout en se laissant glisser à la limite de l’assise du siège. Ensuite, il place la règle en bois dur entre ses dents. Et, du même élan qu’Ivan, il s’insère deux doigts gantés au plus profond qu’il peut. La subite invasion de son anus l’oblige à mordre férocement dans son outil de travail. Son cri est ainsi étouffé. Puis, du même rythme que les crissements du matelas, Étienne se prépare à en recevoir plus. Ses mouvements s’élargissent jusqu’à sentir son aven disposé à cela. Il ouvre immédiatement un des tiroirs du bureau pour en sortir trois longues bougies. Imbibées par la substance inondant son gant, ces dernières effectuent, tout de même, un forcing pour pénétrer son orifice. Ses jambes se mettent à trembler à l’épreuve endurée. Son souffle se fait court, comme celui de Gabriel chahuté par les va-et-vient de plus en plus soutenus de son partenaire. Venant percuter tout aussi vivement le fond de sa ravine, les cierges effleurent sa prostate sans discontinuité jusqu’à sa première délicieuse jouissance. Ses dents en lâchent la règle.

- Gnh ! Ha ! Han !... Si bon !

Oh oui ! Ivan est exceptionnel. Aussi, ne voulant rien laisser perdre de cette soirée prometteuse, Étienne retire les chandelles encore dures, alors que son actif, dans l’autre pièce, grogne son impuissance à contrer le retrait de sa verge molle. Dans peu de temps, l’homme va reprendre son souffle et repartir à l’assaut de la caverne à peine tiédie. De sa main gantée, le journaliste récupère le morceau de bois atténuant ses cris, puis commence sans attendre à manipuler sa poitrine, ranimer son artifice et regonfler ses aumônières. Quant à son antre, il partage le même sort que celui de Gabriel : une pénétration que légèrement lubrifiée par l’essence subsistant de la première entrée.  

- Mmgnh !



Article huit

Vouloir partager une réjouissance ne peut contraindre à la présence.



- Espèce d’enfoiré ! À quoi tu joues ? Merde !

Romain se met à laver les plats rageusement tandis qu’il peste sa rage contre son ami. C’est vrai que Patrice a tendance à être trop serviable. À chaque fois, il se fait avoir par ses collègues qui eux, en cette veille de Noël, ont sûrement partagé un repas convivial avec les leurs, à l’insu de...

- Cet idiot a dû accepter de finir leur boulot, à tous les coups. Stupide ! Crétin ! Chiffe molle ! Sans couilles !

L’homme sert l’éponge à son dernier mot. Une image des plus extatiques vient de flasher dans son esprit. Romain ferme aussitôt les yeux pour que son imagination ose aller plus loin. Mais...

- Trop tard.

Il soupire de désappointement. C’est vrai qu’il n’est pas du genre à laisser vagabonder son intellectuel. Quoique, depuis son retour en France, il peut tenir une réflexion lorsque cela touche aux finances et à l’organisation d’événements. Cependant, autrefois, il était plus du genre physique. Attiré par le baseball dès son jeune âge, ses études sont passées en secondaire pour privilégier ses entraînements, à son entrée dans une école de futurs champions. Il a participé aux compétitions nationales dans la course de vitesse, le saut en longueur, le saut en hauteur, le lancer de javelot, la natation. Il a ainsi développé un corps adéquat et amélioré ses performances dans son sport de prédilection. Puis, après des années de sueur, une sélection américaine l’a remarqué. Il est donc parti aux États-Unis afin d’être acclamé par un public fanatique et des sponsors tout aussi enthousiastes. De terrains de jeu haut standing à des fêtes somptueuses, Romain a goûté à la célébrité, aux dépenses extravagantes sans penser à l’avenir. Cela a duré deux mois. Jusqu’à cette blessure irrévocable. L’étoile montante a fini par disparaître des esprits. Ne pouvant plus tenir son rang même sur le banc de touche, on remercia l’estropié, et l’Amérique renvoya le Français, sans un sou, dans son pays. Là, Romain connut la rue. Ses parents, honteux de sa défaite, lui avaient tourné le dos. Et, en tant qu’expatrié, il n’avait plus sa place sur ce territoire. Il n’avait droit à aucune aide valable de l’État. Ici aussi, il n’était plus rien. Peut-être même était-il juste un déchet aux yeux du monde entier. L’ancien sportif n’a, après tout, aucun diplôme pouvant lui ouvrir une porte, une issue face à la déchéance. C’est ainsi que...

- Toi et ta gentillesse.

Une paume chaude s’était posée sur son épaule. Avachi sur le trottoir, prêt à tourner de l’œil à cause de la faim, Romain a entendu une voix inquiète lui demander si tout allait bien. Il a souri de la bêtise des mots employés. Et il a pleuré quand la main s’est tendue pour l’aider à se relever, qu’un bras l’a soutenu pour marcher, et que Patrice l’a amené chez lui, lui offrant un toit, où s’abriter, et une amitié, sans rien en attendre en échange. Puis son je dis oui pour tout a acheté, sur l’insistance d’un client, cette maison bon marché. Une ruine. Heureusement, dorénavant fin gestionnaire, l’ex-sportif a eu l’idée d’en faire une pension à loyers modérés, afin de contrer l’immoralité des propriétaires et donner la chance d’avoir un logement à des travailleurs aux revenus modestes. Habile de ses mains, Romain s’est mis lui-même aux réparations pour diminuer les dépenses. Et cela fait un an et demi, maintenant, qu’il est devenu le responsable des lieux. Il aime cuisiner et sait tenir une maison. L’ex-vedette abandonnée a fini par trouver un travail à sa mesure. De plus celui-ci lui permet de rester au côté de l’homme le plus charitable au monde, quoique ce dernier lui ait montré un trait de sa personnalité inattendu, en exigeant que les pensionnaires ne soient que de type masculin et, de surcroît, gays. À son premier refus, son sauveur en a fait un tel caprice qu’il a dû vite lui céder.

- Gamin... Mais merci.

D’un coup, ne voulant pas se laisser attendrir par ces souvenirs resurgissant, Romain se remet les pendules à l’heure. C’est nécessaire s’il veut invectiver comme il se doit ce...

- Cro-Magnon de mes deux ! C’était si dur que ça de prendre le téléphone pour avertir de ton absence, ce soir ?

Lui qui a fait un splendide repas de veille de Noël. Il y a mis tout son cœur.

- Le premier que je faisais pour tout le monde réuni. Je voulais tellement partager ça avec toi. Mais c’était trop dur à comprendre. Monsieur je ne sais pas dire non a préféré clore les affaires de ses égoïstes collègues et laisser en plan le seul ami qu’il n’ait jamais eu.

L’homme lorgne l’assiette qu’il a soigneusement enrobée de film pour conserver les quelques aliments festifs y étant disposés.

- T’as intérêt à apprécier mes efforts, ou je te les ferai avaler tout rond, demain. Lâcheur !

D’un geste rageur, il enfourne ces mets dans le frigo et s’apprête à faire le tour des issues avant d’aller se coucher.

           

Article neuf

Un partage ne peut être qu’égal et, en primauté, offert en son total.



- Si vous aviez des cojones, vous auriez pris le taureau par les cornes et...

On frappe. Surpris dans son monologue, le mannequin se retourne vivement. Il reste pourtant muet. Le silence perdure un peu avant...

- J’entends rien.

- ... Tu crois qu’il dort ?

- Il est à peine vingt-deux heures.

- Il a peut-être pris un malaise ?

- ... Ok. Je défonce la porte.     

Julian court jusqu’à cette dernière et l’ouvre en grand pour éviter de futurs dégâts superflus. Il se retrouve face à deux visages sereins et souriants à sa réaction.

- Espèces de...

- Oui. Oui. Oui.

- Puisque tu nous invites si gentiment, on entre.

Ce qui est fait sous le regard sidéré du locataire des lieux. Ce dernier reprend vite du poil de la bête.

- Mais faites comme chez vous !

- Ah ? C’est gentil.

Ses intrus de voisins s’assoient donc au pied du grand lit faisant front à la sortie.

- Bon. Nous avons trouvé une solution à notre problème. Toutefois, il y a un hic.

Le métis referme la porte en la faisant claquer pour bien montrer son humeur du moment. Sa voix en donne le ton également.

- Je vous préviens tout de suite, j’en ai ras la casquette de vos gamineries. Ce soir, ça a été la goutte d’eau faisant déborder le vase. Alors si c’est pour que je joue à l’arbitre d’un autre round...

- Non. C’est pas ça.

- C’est toi qui voulais qu’on trouve un compromis. On a d’abord pensé à te laisser choisir une bonne fois pour toute, l’un d’entre nous.

- Que...

- Mais sachant que tu nous aimes tous les deux, on s’est dit que ce ne serait pas juste pour toi. Donc nous nous sommes décidés pour un partage.

Déjà que ces deux hommes aient compris et accepté son amour divisé pour eux a étonné le mannequin. Malgré tout sa colère, grondant en son for intérieur, se devine lorsqu’il interroge sèchement sur ce fameux...

- Partage ?

- Ben, c’est la veille de Noël. Il est dit que ce soir-là nous devons apprendre à partager.

- Et ?

- Est-ce que tu serais contre de nous avoir tous les deux comme amants ?

Julian fronce un sourcil. Un doute. S’en apercevant, Gaël donne vivement de plus amples explications sur l’idée définitive.

- En fait, ce serait de nous avoir tous les deux comme amants, en même temps, dans le même lit. Un ménage à trois quoi. Et t’inquiète, on est sains de corps, aucune MST décelée.

Les complices se regardent. Le top-modèle maintient une quiétude pesante. Sont-ils allés trop loin ? Le corps longiligne bouge, enfin, dans leur direction. Arrivé à leur proximité, leur idole place une jambe entre chacune de leurs cuisses ouvertes, avant de pousser leurs torses diligemment vers l’arrière. Le matelas les accueille tandis que Julian, toujours debout, les surplombe d’un air sombre.

- Vous en avez mis du temps à vous décider.

Le métis exécute en à peine une minute l’acte de se dévêtir. Puis ses mains commencent à déboutonner les pantalons des deux acolytes restés ce temps tel quel, à moitié couchés sur la couette, à cause du spectacle de striptease offert quelques secondes plus tôt.

- Vous pouvez vous lâcher, car moi aussi mon test est négatif... Et vous avez intérêt à assurer pour vous racheter de tous ces mois perdus.

- Tu...

- Mais...

Les doigts se referment abruptement sur les cojones des sermonnés qui retiennent leurs cris de douleur.

- Comment osez-vous ? Vous n’avez pas à rétorquer. Oui, c’est de votre faute si nous avons gâché tout ce temps. Vous n’étiez même pas fichus de penser avec vos cerveaux. On aurait cru que seules vos envies perverses vous dirigeaient.

Les phalanges tortionnaires desserrent leurs prises. Aucune réflexion se manifestant, elles remontent le long des membres commençant à se redresser, pour les abandonner ensuite et continuer à dénuder les deux amoureux frissonnants.

Ces derniers sont abasourdis par ce qui vient d’être avoué. Est-il vraiment possible que leur doux compagnon ait toujours souhaité une relation à trois ? Cependant, trop ravis de ce qui se conclue à cet instant, ils omettent vite l’idée d’en chercher réponse avec leurs cervelets et décident de se laisser manipuler pour profiter allègrement du partage de leur divin aphrodisiaque humain.

Julian est un peu intimidé. Il n’a jamais encore fait l’expérience d’être le jouet sexuel préféré de deux hommes bien mis et ce en même temps. Cependant, plus il découvre la magnificence de ces corps, plus son envie d’en percevoir davantage s’accentue. Enfin il peut observer chaque anatomie s’exposant dans leur plus simple appareil. Il grimpe sur le lit et s’agenouille entre celles-ci pendant qu’elles se redressent de moitié afin de mieux lui faire front. Ses paumes se posent sur les peaux, plus claires que la sienne, et descendent en sillonnant sur les creux et bosses, les caractérisant, pour atteindre sans embuche les verges à moitié raidies commençant à convulser de spasmes extatiques. Sa langue se met à lécher ses lèvres de convoitise. Le métis va apprendre à ses voisins d’étage ce qu’est vraiment le partage. Maintenant, il doit faire le bon choix. Par qui commencer afin que tout se mette en mouvement sans anicroche ? Il se décide pour Stéphane qu’il sait moins farouche que son compère. Il ouvre donc la bouche et enfourne l’artéfact avec gourmandise. Ne laissant pas en reste son autre amant, ses doigts lui emprisonnent l’appendice et débutent un massage à l’aveuglette.

- Hh !... Gnh !

Gaël a toujours rêvé de ces phalanges élancées sur son soldat, mais le trouble perçu, à leurs mouvements langoureux, en est inimaginable. Aussi il laisse ses exclamations se mêler à celles du photographe tout aussi bouleversé que lui.

Stéphane n’est pas homme à apprécier qu’on badigeonne son pénis de bave. Les fellations ? C’est lui qui s’y colle d’habitude. Mais cette dernière lui embrouille l’esprit, au point de faire entendre sans gêne son plaisir ressenti. Hélas, quelques minutes plus tard, son entrecuisse est lâchée dans une dernière succion. Julian lui sourit succinctement en se relevant pour se tourner face au bureaucrate. Le mannequin lui présente ainsi ses fesses tout en se baissant vers le sceptre motivé de son comparse. Le sien n’est pas fini d’être préparé. Néanmoins le délaissé a de l’espoir pour plus tard. Et puis son top-modèle lui laisse le privilège de... Il caresse tendrement les deux arrondis avant d’écarter l’une des lunes et d’enfiler délicatement son index dans le mini-trou découvert vierge de poils.

- Hah !

À l’entrée du doigt, la bouche a relâché sa prise. Gaël, sans pitié, ramène, d’une poigne musclée, ces lèvres à reprendre leur activité à peine entamée.
- Humglp !
Le Franco-espagnol n’a jamais connu une telle sensation. Au fur et à mesure que le photographe le met en condition en détendant ses parois par l’insertion d’autres phalanges aussi mouvementés que les premières, l’archiviste, tout aussi impitoyable, l’incite à l’amorcer avec plus de véhémence. Il ne sait combien de temps l’opération dure, mais lorsque ce dernier le fait arrêter, les doigts cessent, à la seconde, de l’évaser et le libèrent dans un bruit des plus typiques. On l’aide, alors, à faire face, de nouveau, à Stéphane. Celui-ci, d’une paume tout aussi autoritaire que son complice, l’oblige à abaisser son visage vers la tige à peine tiédie du précédent passage fugace entre ses lèvres, mais pas encore prête pour l’action décisive. De ce fait, sa bouche, salivant, absorbe en son entier l’instrument mi-mou. Focalisé sur ce gobage contraint, Julian ne perçoit les mouvements derrière lui. Sa caverne naturelle est vivement forcée.

- Nhaaaa !

Stéphane relâche sa prise. Le bureaucrate stoppe son avancée. Le métis peut, de surcroît, prendre les secondes nécessaires afin de retrouver son souffle.

Les deux hommes ont été surpris par la douloureuse clameur. Ils s’interrogent du regard pour comprendre ce qu’ils ont omis.

Le photographe se redresse sur ses genoux pour mieux vérifier si aucune blessure à l’anus n’est visible.

- Non. Il n’y a pas de sang. Retire-toi doucement. Peut-être que c’est à l’intérieur.

Au recul de l’appendice, Julian gémit. Gaël se met aussitôt à lui masser les reins pour détendre son bas du dos durant sa retraite. La prévenance, que l’un et l’autre a envers lui, en est très touchante.

- Fais voir... Tu as l’air pourtant assez lubrifié ?

- Ouais. Je le suis. Mais, dedans, c’était un peu étroit.

- Vraiment ?

Le mannequin rougit. Qu’on soit physiquement prévenant avec lui, il peut comprendre, il est vrai qu’en tant que passif, c’est son corps qui va subir les va-et-vient de ces deux lascars, cette nuit. Néanmoins ce contrôle oral, sur son aptitude pour les recevoir, est assez offensant.

- Tu ne l’as pas déchiré au moins ?

- J’y ai été un peu vite, tu crois ?

Le doigt, s’insinuant au plus profond pour partir ensuite à la dérive en attouchements successifs, lui fait souffler son désir.

- Hmm ! Haan !

- Eh ben en effet, il s’est un peu resserré. Aide-moi.

Pour quoi le prend-on ? Une pouliche a inséminer avec douceur ? Julian est prêt à se rebeller contre cette approche détaillée sur le pourquoi du comment de sa réaction face à la sodomie, quand d’autres phalanges s’infiltrent au sein de son intimité. Toutes le secouent avec tant d’enthousiasme qu’il ne peut qu’expulser des exclamations de plus en plus éloquentes. L’invite étant lancée, elle est, en peu de temps, remerciée. La seconde intrusion de son antre est délicieuse.

- Hmmf !

Le premier aller-retour l’ébranle tout autant. Le top-modèle a fermé les yeux de délice. Il ne se soucie de Stéphane qu’à la main de ce dernier se posant à l’arrière de sa tête. Il soulève alors ses paupières.

Les yeux sombres ne cachent rien du bien-être parcourant ce corps. Le photographe en sourit de satisfaction. Cette allégresse, il veut la palper aussi. Il amène, de ce fait, cette bouche entrouverte à finir ce qu’elle a commencé. Celle-ci se met sans réticence en position et manipule par saccade son artéfact afin de l’éveiller complètement.

Sondé avec virulence, Julian a du mal à émouvoir de la même vitalité la tige tatillonnée entre ses lèvres. Comme il le pensait Gaël a un côté sauvage au lit. Il va le butiner sans retenue jusqu’à sa délivrance. Cette fouille violente est pourtant des plus magiques qui soient. Étonnamment le métis en est flatté. Le traitement enflamme ses parois internes. L’expression avoir le feu aux fesses prend tout son sens à cet instant. Les flap flap font écho avec sa voix étouffée. Le grand lit qui en a vu d’autre sans vaciller, tangue dangereusement au rythme incessant des poussées fulgurantes lui martelant ses dunes rebondies. Le bureaucrate s’échine à sa propre délectation, à présent. Pourtant l’appendice chaotique circule entre ses muqueuses avec une sensualité exceptionnelle. À proximité de l’apogée, Stéphane, lui, s’évade de sa bouche. Le corps du Franco-espagnol est alors balloté plus agressivement.

- Naah ! Haah ! Haan !

Gaël propulse, une dernière fois, son membre durci au plus profond de cette ravine et s’y incruste, maintenant fermement les hanches de Julian contre les siennes, pour s’y déverser avec émoi dans un râle expressif. S’étant assuré que la goutte finale a bien été transvasée, il laisse sa verge, vidée de toute force, glisser hors de ce cratère brûlant.

Le mannequin est dans l’incompréhension totale. Il a subit les assauts de l’un de ses amants, a crié sa félicité sans simulation, cependant, et bien qu’il en ait perdu le souffle, il n’a pas joui complètement. Son artéfact en est même qu’à mi-chemin. Étendu sur le lit, calmant sa respiration, perdu dans sa réflexion, l’homme a omis un petit détail de grande importance. Celui-ci se rappelle à lui.

Stéphane, ayant changé de place avec son acolyte, redresse le corps lourd qui grogne légèrement à la contrainte. Il le positionne droit sur les genoux, dos collé à son torse. Et, n’attendant pas que son passif comprenne ce qu’il va advenir, il le pénètre lentement.

Le métis se cambre au gland s’infiltrant en lui. Stupéfait, sa bouche s’en est ouverte sans pouvoir crier. Au déplacement lascif entre ses parois détrempées, l’homme chancelle. Des bras puissants le maintiennent dans sa pose. Arrivé au point culminant, le pieu s’y fixe. La promiscuité de ce pic avec ses boyaux lui fait mal au ventre. Dans son désir de partager, Julian n’a pas pensé plus que ça aux conséquences en découlant. Il a manœuvré naturellement, excitant les deux membres l’un après l’autre. Cependant, l’épanchement de ces cojones pleines ne peut que s’effectuer en lui. Et il est invraisemblable d’avoir un privilégié. Aussi son antre va être encore, en peu de temps, le réceptacle d’une envie frustrée de six longs mois. Toutefois l’homme aurait apprécié que ses amants lui laissent plus d’une minute pour reprendre son souffle, entre chacune de leur invasion. Contre toute attente, il n’en est rien, et le top-modèle se retrouve, une nouvelle fois, harponné et prêt à défaillir. C’est deux-là ! Pourquoi ne communiquent-ils pas entre eux ? Cela aurait pu l’alerter de ce qui allait survenir. Un souffle chaud dans ses poils pubiens lui fait baisser la tête. À la seconde, sa tige, laissée pour compte jusqu’à présent, est happée par une large mâchoire s’y refermant. Tel le pis d’une vache, elle est aspirée longuement.

- Hhhh !

C’est ce moment précis que choisit Stéphane pour bouger de droite à gauche. Traversée ainsi par un artifice enflé et dur, son aven s’éprouve instantanément. Ses partenaires sont si expérimentés qu’ils en sont devenus émérites. Tété de face, visité en mouvements successifs et lents de long en large de derrière, Julian, pris en étau, se laisse envahir par la ferveur des sensations jusqu’en perdre tout sens du réel. Noyé dans le plaisir procuré, il jouit avant la fin de l’acte. La bouche réceptrice de son abandon se plaque immédiatement à ses lèvres ouvertes, lui faisant goûter du liquide contentieux mêlé à la salive. D’habitude il est révulsé par cette saveur âcre. Toutefois la sève tiède, se répandant dans ses entrailles durant ce baiser interminable, annihile toute répulsion de celle descendant dans sa gorge.

Les uns vidés, l’autre rempli, le trio s’endort, ensuite, sans demander son reste. Les corps ont chauds, mais ils recherchent le contact. Les deux acolytes resserrent donc leur étreinte autour de leur mannequin allongé entre eux. La leçon de partage ? Tous ne sont pas prêts de l’oublier. La réalité a dépassé leurs rêves.

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