Traduction

lundi 23 novembre 2015

Références manga nouvelle version (5)

B'jour !

C'est le dernier extrait
de cette nouvelle version.
Alors, profitez-en !

(Rappel : nous sommes en 1989)


France, même année




Déclarations


— Toi !
Fin mai est le moment de l’année que Patrick aime le plus. Les journées sont chaudes mais pas à l’excès comme en été. L’air est donc respirable, et l’étudiant de dix-neuf ans peut bouger sans crainte d’en tomber d’inanition. Du moins… Maximilien, son meilleur ami, l’a interpellé d’urgence, quelques minutes auparavant. Cet énergumène de Sato, un élève étranger du même dojo et quelques cours que lui, était en train de se prendre le bec avec les quatre jojos. Ces fameux acolytes sont inséparables jusque dans leurs méfaits. Ils s’en prennent toujours à des faibles ou des personnes isolées. Mais ce groupe d’imbéciles n’avait pris la peine de se renseigner avant d’interpeller celui qu’il ne fallait pas. Et le Français, tout transpirant de sa course, était arrivé trop tard pour stopper…
Hi-ro-ma-saaa. Espèce de…
C’est pourquoi, à cette minute, Patrick, après avoir confié les victimes à qui de droit, jubile ouvertement contre ce descendant de samouraï.
— T'savais pertinemment qu’ils n’étaient pas d’ taille.
— Et je les ai prévenus.
— Ben voyons ! Comme s’ils pouvaient croire à ta force herculéenne.
— Ils auraient dû, puisque je ne mens jamais.
Fine sent ses joues rougir au fur et à mesure que sa colère s’intensifie.
— Ça aussi, c’est impossible à croire.
— Pourquoi ?
— Parc’ que la majorité des hommes savent plus s’ vanter du faux qu’ d’avouer la réalité.
— C’est idiot.
Sato a dit cela avec un ton désinvolte qui énerve au plus au point son moraliste.
— Oui. Nous sommes les rois des idiots. C’est comme ça. C’est not’ façon d’ vivre ici, en France.
— Ça craint.
Ce qui craint, c’est cet Asiatique, à l’allure et voix sereines, se tenant en face d’un Patrick sortant de ses gonds à cette remarque.
— Aaah ! P’t-être pour un Japonais élevé dans la tradition, mais pas pour nous, pauvres hommes des temps modernes.
— Une, je n’ai pas été élevé dans la plus stricte tradition. Et deux, je ne mens à personne parce que je n’aimerais pas qu’on m’en fasse autant. D’ailleurs, il faut que je t’avoue…
Hiromasa emprisonne la tête de son magnifique sermonneur pour l’embrasser chastement, tandis que ce dernier en reste pantois de surprise. Puis, l’ayant libéré de ses lèvres, le fixant d’un air assuré…
— Je t’aime. Alors réfléchis-y et donne-moi une réponse dans peu de temps.
« Réfléchir ? » Non mais ! Qui peut bien réfléchir après avoir reçu son premier baiser homosexuel ? Qui ne resterait pas paralysé d’incompréhension ? De stupéfaction ?
— Pat ?
— Hein ?! Quoi ?! Qu’est-c’ qui s’ passe ?
Maximilien souffle de soulagement en voyant son ami, tétanisé plusieurs secondes, réagir, enfin, vivement à ses appels.
— Tu m’as foutu la trouille de ne pas bouger comme ça. C’est vrai que Sato a été plutôt abrupt pour te déclarer sa flamme, mais…
— Flamme ? Y a le feu ?
— À tes joues, oui… Oh oh ! Toi, tu vis ton premier grand amour.
Marquis sourit. Il ne regrette pas son rendez-vous loupé avec les jumelles Quatrin. Il a déjà entendu parler de la force pure de Hiromasa, mais c’est la première fois qu’il en a apprécié le résultat de ses propres yeux. Les quatre jojos ont eu leur compte en peu de temps. D’accord, il a dû aider ses comparses à leur transport vers l’infirmerie, par la suite. Patrick en a pris un sur ses épaules, comme le nouveau qui en a traîné, également, un second derrière lui. D’ailleurs, Maximilien a préféré adopter cette dernière technique, avec le sien. Cependant, lui, il a empoigné le lascar inanimé par l’arrière du col de la chemise au lieu de la cheville. Mais l’effort en valait la peine, puisque, ensuite, Marquis a pu assister à la scène romantique du baiser et à la transformation statuaire du corps de Fine, acte qu’il n’a jusqu’alors vu que dans les BD japonaises prêtées par son ami. Il est certain qu’en tant que témoin de ce chapitre et en bon Français, Maximilien n’a pu se retenir de taquiner son presque frère. Et celui-ci le fait encore plus sourire, en paniquant de sa conclusion.
— J’suis pas amoureux. De lui, c’est impossible. Impossible ! C’est un profiteur. Un profiteur !
Fine, poings serrés, s’éloigne d’un pas raide, tout en monologuant sur…
— Cet énergumène ! Il sort d’un Disney ou quoi ? D’où est-c’ qu’il a vu qu’il suffisait d’ me donner un tendre baiser pour qu’ j’tombe dans ses bras, hein ? J’suis pas Blanche-neige, espèce d’Asiatique vicieux. T’aurais mieux fait d’ lire des manga yaoi pour mieux t’instruire. T’y aurais lu qu’ c’est pas si facile d’obt’nir l’ cœur d’un autr’ homme. J’vais t’ corriger ça, moi.





Yusei gachi !
Outragé, Patrick a exécuté la punition promise dans l’après-midi, en coupant le souffle de Hiromasa lors d’un combat, des plus amicaux, sur les tatamis, le soir même. Lui qui avait fui cet adversaire des semaines durant, après lui avoir donné sa première leçon de courtoisie, a accepté direct la démonstration, aujourd’hui. Attaquant ainsi avec vivacité, il a, en tout premier lieu, réussi à prouver, à ce mastodonte, le manque d’efficacité d’un mouvement en force face à un mouvement tout en souplesse et rapide. De par là même, Fine en a profité pour apprendre à son adversaire qu’il n’a rien d’une princesse soumise et qu’il est plus dans la catégorie ninja. Satisfait et calmé, le Français ignore, l’heure suivante, ce Nippon coureur de pantalons et sort avant lui du dojo, avec quelques camarades le saluant tout en s’éloignant.
— À la semaine prochaine !
Patrick avance dans la rue éclairée. Il n’y a que peu de passants, en cette fin de soirée. Tout d’un coup, une forte poigne le saisit, le faisant se retourner en alerte.
Je dois te parler.
Rassuré de reconnaître la voix et le regard bridé de son interlocuteur, l’interpellé soupire. Il ne voit pas ce qu’il y a à rajouter à la leçon prescrite. Mais, puisque l’homme, devant lui, n’est pas du pays, il fait l’effort nécessaire afin de confirmer…
— T’as été assez éloquent, c'te journée. J’passe mon tour.
Les doigts se referment plus intensément sur son avant-bras. Hiromasa l’entraîne vers une impasse sombre. Fine n’est pas de taille contre la force colossale de son kidnappeur, ce qui l’énerve. D'autant plus que l’homme vient de le plaquer durement contre un mur, avant de rétorquer…
— Ça va que j’encaisse bien les coups. Pourquoi as-tu fait ça ?  Si tu ne veux pas de mon amour, il suffit de le dire au lieu de…
La goutte d’eau faisant déborder le vase. Le scandalisé gronde son indignation.
— Que j’dise quoi ? Ouv’e donc les yeux, j’ai pas d’ nichons, mais des couilles, tout comme toi ?
— Ah. Je vois.
— J’espère bien qu’ t’as remarqué.
Une paume se pose délicatement sur la joue rouge de colère.
— Je suis sérieux. Je t’aime.
« P’tain ! » Que lui arrive-t-il ? Comment est-il si facile, à cet énergumène, de réussir à faire oublier, à l’hétéro français, son courroux ?
— L’ dis pas comme ça.
Ça recommence. Son corps… Le corps de Fine recherche le contact de celui à la voix suave.
— Aime-moi autant, Patrick.
Sur ce, ce dernier est, de nouveau, embrassé. Et ce mâle dominant lui met la langue, cette fois. Une langue… si douce… si impétueuse.
Hiromasa n’a, dorénavant, plus aucun doute. 
— Puisqu’on est d’accord, on va chez moi.





— Lâche-moi ! Mais lâche-moi !
Son impossible Japonais a décrété, dix minutes plus tôt, après un baiser d’une tendresse insoupçonnée, que Patrick est connecté à ses envies perverses. Néanmoins ce dernier n’est pas du même avis. Et il en hurle encore haut et fort, alors que Sato tente de l’obliger à entrer dans le studio.
— Garde tes cris pour tout à l’heure.
Le colérique vacille vers l’avant, déséquilibré par la brusque poussée dans son dos. En entendant la porte se fermer, il se retourne promptement. Trop tard. Le représentant des samouraïs s’est positionné entre lui et la seule issue menant au-dehors.
— Laisse-moi sortir.
— Déshabille-toi.
— Moi ?! J’rêve là.
Les yeux sombres et allongés s’étirent davantage.
— Aah, j’étais sûr !
Il est certain que son futur amant a senti ce que lui, Sato Hiromasa, attend. Cette beauté européenne va le régaler.
— Je ne te pensais pas si érotique, mon amour.
Érotique ? Mais qu’est-ce que Fine a pu dire de si érotique ? Et puis, pourquoi ce séquestrant asiatique affiche cet audacieux sourire sournois en coin ?
— D’accord, Patrick. Si tel est ton désir. Je vais le faire pour toi.
Et, à cet instant, ce dernier ne comprend toujours pas comment il s’est retrouvé complètement nu, sous un Hiromasa accroupi au-dessus de lui, en tenue d’Adam. Et il ne saisit toujours pas pourquoi chaque membre de son corps en frémit d’excitation. Même le son de sa voix ne cache rien de son état actuel.
— Hiromasa ?
— On me dit bon dans ce domaine. Alors, détends-toi et fais-moi confiance.
Quand le visage, au doux timbre, se penche pour prendre ses lèvres, l’âme innocente tente un premier geste affectueux par une main se posant sur l’épaule de son redoutable éducateur.
Itaï !
Inquiet de la réaction, le Français se redresse sur ses coudes, face à son hôte se frottant l’omoplate.
— T’es blessé ?
— Un des quatre jojos m’a attaqué par-derrière. Ce p…
— À propos d’ ça.
Hiromasa se met tout de suite en alarme.
— Ce n’est pas moi qui ai commencé.
— Tu connaissais ta force. T’avais qu’à t’en aller.
Un visage boudeur se détourne légèrement du regard récriminant.
— Peut-être. Cependant j’avais les nerfs à fleur de peau.
— Les nerfs ?
— Mais, Patrick, tu ne m’avais plus adressé la parole, ni même daigné me lancer une œillade, depuis notre premier combat.
Puis, en une seconde, l’expression change sur ce faciès calculateur dont la voix prend un ton des plus émoustillants.
— De toute façon, tu crois vraiment que c’est le moment de parler d’autre chose ?
Une main vient prestement emprisonner le pendule entre les cuisses musclées du Français gémissant à l’acte. Toutefois ce dernier n’en a pas fini. Et, malgré le mouvement expert éprouvant tous ses sens…
— Tu f’ras tout c’ que tu… veux si… tu m’ promets de…
Hiromasa titille de la langue le téton s’offrant à sa vue. Un cri d’exaltation se répercute dans la pièce.
— Je te promets tout ce que tu veux, mon amour.
Surtout si c’est la seule façon de faire concentrer le vierge et sensible amant du Japonais à leur bonheur commun. Bonheur qui s’intensifie quarante minutes plus tard, lorsque Sato envahit de son gode, surdéveloppé de nature, l’étroite grotte jamais visitée, alors qu’un hurlement déchire l’air à ce forcing sanguinaire. Bien sûr, comme tout mâle se respectant face à la douleur d’un autre, l’homme ne stoppe pour si peu et continue, donc, jusqu’à la conclusion déchaînant toute particule composant le corps d’un Homo sapiens. Enfin, il s’inquiète et soigne la légère lésion occasionnée.
— Ce n’est pas trop méchant. Ça a arrêté de saigner. Tu vas mieux ?
Le visage larmoyant de Patrick se pose sur lui.
— Je… Je t’aime.
Hiromasa sourit, un peu gêné malgré tout. Il ne s’est pas attendu à cette déclaration.
— Ah, oui ? Tu ne m’en veux pas ? Même si tu vas avoir des problèmes à t’asseoir demain et les quelques jours suivants ?
— Demain, c’est certain. Toutefois… pourquoi les jours suivants ?
Une appréhension fait frissonner la peau du Français. Appréhension qui se voit confirmer dans l’immédiat.
— Parce que je vais te faire mien encore et encore, ce soir.
— Hein ?! T’es un monstre ou quoi ? Toi et ta grosse b… J’suis blessé dans ma chair, là.
Mais, impassible, Sato a déjà repoussé les genoux de Patrick aux épaules afin de redresser son séant.
— C’est la faute d’un de vos adages qui dit qu’il vaut mieux battre le fer tant qu’il est encore chaud. 
Ce qui est fait sur-le-champ. Et, bien entendu, la plaie, tout juste fermée, s’en rouvre.

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