Traduction

lundi 16 novembre 2015

Références manga nouvelle version (4)

B'jour !
C'est la suite des extraits.

Bonne lecture !


Japon, 1989




Rêve



— Excuse.
Presque deux ans ont passé depuis son entrée dans le domaine du sexe libre. Rai est devenu un hôte expérimenté. Le nombre de clients et de clientes, le demandant, augmente au fil des semaines. Sasaki a ainsi commencé à faire des économies. Depuis qu’il a quitté brusquement Akio, son propre rêve d’avenir lui est revenu, et il veut le mettre en œuvre. Cependant, cela ne peut se réaliser sans un financement colossal. Mais les banques ne prêtent pas aux moins de vingt et un ans. Alors… Les adolescents aux frêles silhouettes étant le mets préféré des vieux habitués, l’ex-fils de yakuza a fait en sorte de ne prendre une musculature imposante comme certains de ses collègues, et se fait un petit pactole, malgré sa grande taille, grâce à cette fausse innocente et fragile enfance. Ce soir pourtant, fatigué des adhérents plus mûrs que lui, Sasaki a accepté la demande, pour la nuit, d’un jeune et magnifique mâle fêtant son anniversaire. Il espérait pouvoir satisfaire rapidement son homologue et converser avec lui, par la suite. Cependant le Nippon n’a pas été doux et plutôt emparé par le sexe des heures durant. L’hôte s’est donc laissé pilonner avec rudesse, avant de se retrouver allongé près du corps satisfait qui justifie son excuse d’un…
— J’étais énervé.
Surpris, Rai garde silence un instant. Puis…
— Je suis là pour te satisfaire comme tu le souhaites.
— Tu as mon âge, non ?
— J’ai l’âge que j’ai.
— Mm. Tu ne peux le dire, ou ça risquerait de poser problème, hein ?
Sasaki ferme les yeux pour toute réponse.
— Je pense que tu n’avais pas le choix, pour t’être retrouvé là.
— C’est mieux que la rue.
— Mouais. Et tu comptes faire ça toute ta vie ?
— J’économise pour ouvrir un orphelinat, plus tard.
Son client se redresse subitement, fixant Rai d’un regard étrange. Un regard faisant bondir son cœur. Pour pallier à sa gêne face à ces yeux scrutateurs et ses subites émotions, l’hôte continue son récit.
— J’aurai atteint le taf vital dans quelques années.
— Juste le temps nécessaire pour avoir l’âge requis afin que l'on accepte ton entrée dans le monde des adultes. Ensuite, tu seras libre. Libre de vivre ton rêve.
La voix du jeune adhérent est étonnamment enthousiaste.
— Merci.
— Merci ? De quoi ? Comme je te l’ai dit, tu me payes pour te satisfaire et…
— Merci pour ce destin.
Sasaki n’a pas le temps de chercher à comprendre ce qu’il y a de caché derrière ces mots. Son client l’embrasse tendrement et commence, avec douceur, à le mettre en condition pour, en définitive, lui faire tout oublier et connaître l’apothéose. Lorsqu’il se réveille, au matin, Rai est seul. Enfin seul… Il y a tout de même, étendues à ses côtés, des liasses de billets. Une fortune. Et sur l’oreiller encore tiède, un papier écrit.

Ce don est pour notre rêve commun.
Réalise-le.

L'hôte va, tout de suite, en informer son patron. Celui-ci en sourit.
— C’est tel un pourboire. Tu ne peux que l’accepter.
La poitrine du jeune homme lui fait soudain mal. Sa gorge se serre. Il en déglutit.
— Un… Un pourboire, hein ?
L’Américain fronce les sourcils à la voix chevrotante. Et quel est ce regard subitement triste ? Son employé n’a pas l’habitude de laisser entrevoir des sentiments. Il s’en inquiète presque. Est-ce que…
— Dis ? Tu ne connaîtrais pas le nom de…
— Il n’a donné qu’un pseudo… Rai ? Est-ce que, à tout hasard, tu serais tombé amou…
— J’aurais voulu le remercier. C’est tout.
Le frêle corps arbore de nouveau ce faux masque de bienheureux. Le boss n’insiste donc pas.
— Oh ! Pendant que je t’ai sous la main. God a donné son feu vert pour la branche spéciale.
La branche spéciale est exclusive aux étrangers. Et c’est une vraie aubaine car…
— Tu peux te faire un bon bénef avec eux.
— Hum… D’accord. Cependant…
Son subordonné laissant entrevoir une certaine hésitation face à sa future demande, Rob l’incite à parler.
— Oui ?
— Je… Je veux me spécialiser dans le SM gay.
— Eh bien, toi alors !… O.K. Tu n’as plus qu’à te mettre à la musculation, si tu veux jouer au maître. À moins que tu ne veuilles continuer à être celui qui se fait…
— Non ! Je veux dominer.
— Bon. Après tout, ta taille est un atout pour cela. Mais continue comme d’habitude, le temps de renforcer ton corps. Il te faudra, par contre, acheter toi-même tes accessoires. Cela va te faire un trou dans ton épargne.
— D’accord.
— En attendant, God sera ton coach.
— Mon coach ?
— Parce que tu croyais pouvoir utiliser ces engins de torture sur la clientèle, sans en connaître les effets ? 

Suite extraits,
la semaine prochaine.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Rappel : tous propos non modérés seront éliminés de ce blog. Merci de votre compréhension.